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Les fumeurs de pot pourraient coûter très cher aux commerçants

Les proprios de commerces risquent des amendes pouvant aller jusqu’à 25 000$

Louis Tremblay
Photo Pierre Couture Copropriétaire de trois dépanneurs dans la région de Québec, Louis Tremblay, d’Accommodation ChaLou, n’a pas l’intention de jouer à la police autour de ses commerces.

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Les fumeurs de cannabis qui s’exécutent à proximité des commerces pourraient coûter cher aux propriétaires qui risquent une amende pouvant aller jusqu’à 25 000 $ en «permettant» la consommation sur le terrain de leur établissement.  

«Ça va beaucoup trop loin. Là, on risque une importante amende si un inspecteur surprend un fumeur de cannabis sur le terrain d’un commerçant. Ça ne fait plus aucun sens», déplore le directeur général de l’Association des marchands dépanneurs et épiciers du Québec (AMDEQ), Yves Servais.  

  • Pierre Couture était à l'émission Politiquement incorrect sur QUB radio:   

 

En vigueur depuis le 1er novembre, la Loi encadrant le cannabis interdit de fumer du cannabis dans les lieux publics comme les dépanneurs, les épiceries, les bars, les restaurants, les centres commerciaux, etc.  

Or, la Loi va plus loin en précisant que l’exploitant d’un lieu public comme un commerce «ne doit pas tolérer qu’une personne fume du cannabis dans un endroit où il est interdit de le faire», notamment sur son terrain.  

L’exploitant qui contrevient à la législation est passible d’une amende de 500 $ à 12 500 $. En cas de récidive, ces montants seront portés au double (1000 $ à 25 000 $), précise l’article 18 de la Loi encadrant le cannabis.  

La Loi concernant la lutte contre le tabagisme interdit déjà de fumer des produits de tabac à moins de neuf mètres des commerces.  

La nouvelle affiche obligatoire interdisant la consommation de cannabis.
Photo Pierre Couture
La nouvelle affiche obligatoire interdisant la consommation de cannabis.

Complexe à gérer  

D’après M. Servais, de nombreux propriétaires de dépanneurs et d’épiceries sont encore très confus, ignorant les effets de la nouvelle législation sur le cannabis.   

«On n’a rien contre la loi, mais ça devient très complexe pour nous à gérer», a-t-il indiqué.  

Les inspecteurs qui font appliquer les articles de la nouvelle Loi encadrant le cannabis relèvent du ministère de la Santé.  

Écoutez Le bon plant une série balado sur le cannabis qui sort des sentiers battus, au-delà des idées préconçues.

Propriétaire de trois dépanneurs dans la région de Québec, Louis Tremblay, d’Accommodation ChaLou, ne comprend pas la nouvelle Loi encadrant le cannabis.  

«Déjà que l’on en a beaucoup sur les épaules pour surveiller les fumeurs qui doivent rester à neuf mètres de nos commerces, là on devra jouer à la police pour les fumeurs de cannabis partout sur nos terrains. Ce n’est pas à nous de faire cela», signale M. Tremblay.  

Selon ce dernier, comme avec la consommation d’alcool, les forces policières devraient pouvoir intervenir avec les fumeurs de cannabis pour faire respecter la loi.   

Les propriétaires de dépanneurs et d’épiceries doivent également avoir dans les fenêtres de leurs commerces des affiches signalant l’interdiction de fumer du cannabis sur leur terrain.  

Un exploitant d’un commerce qui contrevient à cette disposition de la loi s’expose à des amendes allant de 500 $ à 12 500 $.  


L’Association des marchands dépanneurs et épiciers du Québec regroupe plus de 1200 membres.

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