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Nos soldats à Bagdad font-ils le jeu de Téhéran?

Nos soldats à Bagdad font-ils le jeu de Téhéran?
Photo d'archives, AFP

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Des troubles de grande envergure embrasent actuellement le sud de l’Irak. La population dénonce la corruption des dirigeants politiques et leur collusion avec Téhéran. Human Rights Watch (HRW) accuse les forces de sécurité irakiennes d’avoir collaboré à l’exécution de dizaines de manifestants à Bagdad depuis le début de décembre. 

La répression brutale des manifestations a fait jusqu’ici quelque 500 morts à travers le pays. 

L’organisation humanitaire appelle les États-Unis, le Royaume-Uni et l'Iran à cesser de fournir un soutien militaire au gouvernement irakien tant que les tueries de manifestants vont se poursuivre.  

HRW devrait aussi demander au Canada d’en faire autant. Car, tenez-vous bien, c’est une major-général canadienne du Québec, Jennie Carignan, qui conseille le ministère de la Défense d’Irak et qui dirige la formation des militaires irakiens. Qu’est-ce que le Canada et l’OTAN font dans cette galère? De quoi je me mêle? L’Irak c’est loin de l’Atlantique Nord.  

C’est à la demande pressante des États-Unis, il y deux ans, que le Canada et l’OTAN ont accepté cette mission dans laquelle les Américains ont foiré lamentablement. Après la chute de Saddam Hussein, les États-Unis se sont chargés pendant 10 ans de la formation de l’armée irakienne. Tout cela s’est soldé en 2014 par une catastrophe humiliante lorsqu’elle s’est liquéfiée et a fui en panique devant l’avancée des combattants de l’État islamique. Contre des civils sans arme, elle est plus vaillante. 

Le Canada n’a pas d’affaire dans ce guêpier. Pardon, dans ce nid de vipères. On forme à la demande de Washington, une armée irakienne qui est étroitement liée à l’Iran. Va comprendre! Les groupes armés qui procèdent aux assassinats de manifestants dépendent à la fois de l’Iran et de l’armée irakienne formée par des soldats canadiens. 

Je trouve cela scandaleux que l'on conseille un gouvernement et qu’on forme une armée qui servent les intérêts des ayatollahs. On devrait rapatrier nos soldats immédiatement avant qu’ils deviennent la cible des manifestants. Cette mission comprend quelque 250 militaires déployés à Bagdad et dans les environs ainsi que quatre hélicoptères Griffon. 

Et ce n’est pas tout. Des forces spéciales canadiennes sont aussi actives au Kurdistan (nord de l’Irak) où elles «conseillent et assistent» dans la lutte contre ce qui reste de l’État islamique. Ça fait, en tout, plus de 900 militaires canadiens participant à ces missions. 

La sécurité de nos soldats est d’autant plus menacée que les tensions grandissantes entre l’Iran et les États-Unis risquent, à tout moment, de se transformer en guerre ouverte. Avec les problèmes de double et peut-être de triple allégeance de différents acteurs dans ce conflit, on ne saurait plus sur qui tirer et de qui se protéger.  

Une série d'attaques contre des bases militaires américaines en Irak incite Washington à en faire porter le blâme à l'Iran

Deux roquettes Katyusha viennent encore de frapper un complexe près de l'aéroport de Bagdad, qui abrite des troupes américaines. Il s'agissait de la 10e frappe de ce type depuis le 28 d’octobre. 

Le secrétaire américain à la Défense, Mark Esper, a demandé à Bagdad de prendre des mesures proactives pour faire cesser ces attaques, rappelant que les États-Unis ont «un droit de légitime défense». De son côté, le secrétaire d’État Mike Pompeo, a averti les dirigeants iraniens que toute attaque de leur part contre les Américains et leurs alliés «recevra une riposte décisive». 

On dirait que les Américains se cherchent un casus belli.