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«Don’t f**k with cats» : un nouveau documentaire sur Luka Rocco Magnotta disponible sur Netflix

«Don’t f**k with cats» : un nouveau documentaire sur Luka Rocco Magnotta disponible sur Netflix
AFP

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Le documentaire «Don’t f**k with cats», disponible sur Netflix dès maintenant, aborde la tendance du meurtrier Luka Rocco Magnotta à tuer des chats, et la traque virtuelle qui a suivi la diffusion de ses crimes sur internet. 

«C’est bien connu: plusieurs tueurs commencent par des animaux. [...] Sur internet, tout le monde aime les chats. Le fait qu[e Magnotta] s’en prenne à ces petits félins a soulevé la colère des internautes. Des gens ont tenté de retracer Magnotta. C’est finalement un journaliste londonien qui avait réussi à lui parler, quelques mois avant le meurtre de Lin Jun. Il était un peu évasif, il racontait un peu n’importe quoi. Après la rencontre, il a envoyé une lettre au journaliste pour lui dire qu’il s’en prendrait ensuite à des humains. Il l’avait annoncé, et c’est arrivé en 2012», explique Michaël Nguyen, journaliste judiciaire au «Journal de Montréal» et auteur de «L’affaire Magnotta: au cœur de l’horreur», lors une entrevue avec Richard Martineau sur les ondes de QUB radio. 

Un procès éprouvant 

Comme si les détails de ce crime ignoble ne marquaient pas assez l’imaginaire, les journalistes, témoins et jurés ont pu en prendre conscience avec la vidéo du meurtre filmé par Magnotta. 

«Trois fois plutôt qu’une, on a dû regarder cette vidéo extrêmement brutale. Ensuite, les policiers ont découvert des cartes mémoires dont Magnotta avait tenté de se débarrasser dans les poubelles. On a pu voir tous les plans (du meurtre) avant le montage et c’était excessivement difficile, au point où le juge a ordonné un avis de non-publication. Plus personne ne peut diffuser ces vidéos», continue le nouveau président de la Fédération professionnelle des journalistes du Québec. 

Encore plus, le juge a préféré montrer l’élément de preuve après la pause du midi, question de ne pas couper l’appétit de personne. 

Peu importe, l’horrible représentation du meurtre a troublé plusieurs personnes, dont la famille de Lin Jun. 

«Son père était dans la salle d’audience et il a dû sortir. Imaginez regarder la vidéo de son fils en train d’être dépecé. C’est absolument horrible», se rappelle le journaliste. 

Un documentaire nécessaire? 

Comme on en a souvent été témoin lors de cas semblables, le tueur fait les manchettes et la victime sombre tristement dans l’oubli. 

«Beaucoup de monde parle de Magnotta, mais derrière ça, il y a une famille qui a perdu son enfant. D’autant plus que Lin Jun cachait son homosexualité à ses parents. Cette douleur rend les choses un petit peu compliquées. C’est un dilemme de savoir quoi faire avec le désir de célébrité d’un meurtrier et d’en parler, de savoir que ça lui fait un peu plaisir par la bande. C’est très délicat», juge l’auteur. 

Comme dans le cas de nombreux tueurs notoires, un certain culte s’est formé autour de Magnotta après son meurtre. 

«Il y a des gens qui viennent faire du tourisme en tentant de retrouver tous les endroits visités par Magnotta. D’autres vont se prendre en photo à côté de la tombe de Lin Jun. Pendant l’enquête préliminaire, un admirateur de Magnotta est venu suivre une audience à Montréal. En entrevue, il m’a avoué qu’il rêvait que Magnotta lui fasse la même chose qu’il a faite à Lin Jun», précise Nguyen. 

Luka Rocco Magnotta sera éligible à une libération conditionnelle en 2037. Depuis son incarcération, il s’est marié à un autre détenu, lui aussi reconnu coupable de meurtre.