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Bras de fer entre les gros syndicats et les retraités

La CSN et la FTQ exigent des quittances et menacent de ne pas investir

Collectif pour une forêt durable
Photo d'archives, Pierre-Paul Poulin Le no 1 de la CSN, Jacques Létourneau, est sorti de son mutisme, hier, dans le dossier de la faillite de Groupe Capitales Médias.

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C’est un véritable bras de fer qui se joue entre les syndicats et les ex-syndiqués retraités du Groupe Capitales Médias (GCM). La CSN et la FTQ (Unifor) menacent même de retirer leurs investissements aux coopératives qui veulent relancer les journaux du groupe de presse en faillite.    

Les deux centrales syndicales sont sorties de l’anonymat, hier, en Cour supérieure du Québec pour supplier les retraités de GCM de signer des quittances quant à d’éventuelles poursuites devant les tribunaux.   

Sans la signature des quittances par les retraités, les deux centrales syndicales ont clairement laissé entendre qu’elles pourraient retirer leur offre de financement aux coopératives.   

« C’est un filtre que nous cherchons à obtenir pour les syndicats », a plaidé l’avocate de la CSN, Ioanna Egarhos.  

« On ne subira pas de poursuite pendant 10 ans », a fait valoir pour sa part l’avocate du syndicat Unifor (FTQ) et Unifor local 145, Louise-Hélène Guimond.   

Dans la relance des journaux de GCM, les bras financiers des deux centrales syndicales, le Fondaction CSN et le Fonds de solidarité FTQ, prévoient investir 4 millions $, soit 2 millions $ chacun.  

« On ne propose rien aux retraités. Ce n’est pas sur le dos des retraités que repose la relance des journaux », a fait valoir l’avocate des retraités, Estelle Tremblay.  

Les retraités de quatre quotidiens de GCM, dont Le Soleil de Québec, accusent la CSN de chantage et d’avoir gardé le silence sur la déroute de leur régime de retraite.  

Avec la fermeture des régimes de retraite, plusieurs retraités de GCM devront encaisser une baisse de leur rente de 30 %. Les caisses de retraite affichent un trou de 65 millions $.  

Pour le syndic PwC, le temps presse alors qu’il resterait environ 2 millions $ dans les coffres du groupe de presse. Le syndic demande au tribunal de donner le feu vert au plan d’arrangements avec les créanciers voté lundi dernier à 99 %.  

Les coopératives de travailleurs qui veulent relancer les 6 journaux de GCM assurent avoir trouvé leur financement de 21,5 millions $. « Si l’un ou l’autre des prêteurs se retire, le projet va tomber. C’est préoccupant », a prévenu l’avocat des coopératives, Jean-Jacques Rancourt.  

Décision lundi  

Le juge Daniel Dumais a précisé hier en fin de journée qu’il allait rendre une décision lundi sur l’approbation du plan de relance des journaux de GCM.  

« Je vais réfléchir à tout cela. Ce serait d’une tristesse incroyable s’il y avait disparition des journaux, alors qu’il y a possibilité de continuer. » Cela résulterait en « l’absence de concurrence » et que « la concurrence s’en réjouirait », a-t-il avancé.