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Un premier ministre hyperactif

Rencontre Trudeau-Legault
Photo Chantal Poirier

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Pour la plupart des premiers ministres, les fins d’année sont passablement tranquilles. Quelques entrevues par ici. Quelques souhaits par là. Comme les citoyens ont déjà la tête à leur magasinage de Noël, les premiers ministres s’estompent peu à peu du paysage médiatique.

Sauf pour François Legault. À le voir s’activer autant en cette dernière semaine d’avant les Fêtes comme s’il avait quelque chose d’urgent à prouver, on oublierait quasiment que son gouvernement trône encore au sommet des sondages. Pourtant, il s’active. Beaucoup.

Mercredi, en une seule journée, il multipliait les annonces dans des dossiers majeurs. En réponse à la crise de confiance qui perdure face aux corps policiers, dont l’UPAC, Geneviève Guilbault, ministre de la Sécurité publique, lançait une grande consultation visant à redresser cette situation devenue intenable.

Fléau

Face au fléau de la violence conjugale, dont le meurtre récent d’une femme de Pointe-aux-Trembles par son ex-conjoint enragé par leur rupture, Isabelle Charest, ministre de la Condition féminine, héritait de la coordination d’un nouveau plan d’action contre la violence conjugale. M. Legault s’est fait très clair : « C’est un dossier qui me préoccupe beaucoup, et moi, je veux qu’on agisse ».

Le même jour, il a ressuscité le poste de commissaire à la santé et au bien-être, aboli par l’ex-ministre libéral de la Santé, Gaétan Barrette. Il y a nommé Joanne Castonguay, la fille d’un autre ex-ministre libéral de la Santé, Claude Castonguay, lui-même un critique de longue date de M. Barrette. Une belle ironie.

Encore mercredi, Régine Laurent, présidente de la Commission spéciale sur les droits des enfants et la protection de la jeunesse, dévoilait ses premières « recommand’actions », pour reprendre sa propre expression. Avec raison, elle a également pointé les ravages provoqués dans le « système » entier de la protection de la jeunesse par les compressions des dernières années et les réformes ultra centralisatrices du même Gaétan Barrette.

Message

Rappelons d’ailleurs que la commission Laurent, créée en réaction à la mort tragique et violente de la « fillette de Granby », découle elle aussi de la volonté personnelle du premier ministre à faire le ménage à la DPJ.

Dans cette même journée d’hyper-activité gouvernementale – orchestrée, il faut le dire, avec minutie –, mesdames Guilbault, Charest et Laurent ont ensuite fait leur service après-vente en multipliant les entrevues. Le tout, encore une fois, en une seule journée et à moins d’une semaine de Noël.

François Legault a même pris le temps de corriger le tir sur son éventuel départ. En début de semaine, en entrevue, il avait dit que s’il obtenait un deuxième mandat en 2022, il quitterait la politique avant la fin de celui-ci. Les réactions d’étonnement ayant fusé, il jure maintenant qu’il restera.

Bref, le vrai message de fin d’année de François Legault est simple et précis. De toute évidence, malgré de très bons sondages, il ne tient rien pour acquis. Ce qui, à son tour, laisse présager une deuxième année au pouvoir tout aussi occupée.