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La réduction du déficit attendra

Bill Morneau
Photo Guillaume St-Pierre Le ministre des Finances du Canada, Bill Morneau, a déposé une mise à jour économique à Ottawa, lundi dernier.

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Débusquer les fausses nouvelles, vérifier les déclarations des politiciens, trouver les vrais chiffres : les recherchistes de notre Bureau d’enquête, basées à Montréal, Québec et Ottawa, se spécialisent dans l’art de rétablir les faits. Chaque samedi, elles vous présentent leurs trouvailles pour vous permettre d’y voir plus clair dans l’actualité de la semaine.


L'ÉNONCÉ

Le ministre des Finances du Canada, Bill Morneau, a présenté cette semaine la mise à jour économique du gouvernement libéral, qui creuse le déficit à 26,6 milliards $ cette année plutôt qu’à 19,8 milliards $ comme prévu au dernier budget.Il a assuré que le montant du déficit sera réduit en cours de route et descendra à environ 11 G$ à la fin du cycle financier de cinq ans, soit en 2024-2025.

LES FAITS

Depuis l’arrivée au pouvoir du gouvernement Trudeau en 2015, tous les budgets ont fait la même prédiction : un déficit plus important dans l’immédiat suivi de déficits moins importants. Toutefois, ces projections se sont alourdies au fil du temps.Par exemple, au budget 2016, le gouvernement de Justin Trudeau présentait un déficit de 29,4 milliards $, qui devait fondre de moitié d’ici 2020-2021. Aujourd’hui, on annonce que le déficit pour cette même année se creusera plutôt à 28,1 milliards $.

En 2017, le budget prévoyait un déficit de 28,5 G$ suivi d’un redressement au cours des quatre années suivantes, ce qui a été reporté.

La mise à jour déposée par M. Morneau prévoit un déficit plus important pour l’année en cours, accompagné d’une promesse de le réduire de plus de la moitié en 2024. Or, le portrait présenté par le ministre ne tient pas compte des promesses faites pendant la campagne, sauf la baisse d’impôts, et pourrait donc se creuser encore plus à partir de l’année prochaine.

De plus, un rapport publié par le directeur parlementaire du budget soutient que la fourchette de déficits préconisée au fil du temps par les libéraux (de 18 G$ à 28 G$) offre une marge de manœuvre financière limitée pour réaliser des promesses électorales additionnelles.

Le chiffre de la semaine : 266 

C’est le taux de fraudes par 100 000 habitants au Québec en 2018. Il s’agit d’une augmentation significative par rapport à 2017, qui était alors à 233 fraudes par 100 000 habitants.

Depuis les 10 dernières années, ce taux a d’ailleurs augmenté de 40 %, d’après le livre vert sur la réalité policière déposé mercredi dernier par la ministre de la Sécurité publique, Geneviève Guilbault. Cela s’explique notamment par la progression de la cybercriminalité, qui expose désormais les citoyens à de multiples stratagèmes de fraudes. Le document déposé par la ministre stipule que la lutte contre les crimes sur internet présente de grands défis à cause de l’avancement rapide de la technologie.

— Marie Christine Trottier