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Les Cowboys Fringants: l’incroyable succès de L’Amérique pleure

Les Cowboys Fringants
Photo courtoisie, John Londono

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Plus de 20 ans après leur création, Les Cowboys Fringants vivent actuellement un engouement renouvelé auprès du public. La principale raison ? La nouvelle chanson L’Amérique pleure, qui deviendra sans conteste l’une des pièces importantes du groupe, selon Jean-François Pauzé. Le Journal s’est entretenu avec le principal parolier du groupe. 

Quand on voit le succès que connaît L’Amérique pleure quelques mois à peine après son lancement, peut-on dire qu’il s’agit d’un des plus gros extraits pour le groupe depuis Les étoiles filantes, en 2004 ? 

« Je pense que oui. Avec le peu de recul qu’on a depuis la sortie de l’album [en octobre]. Je pense qu’on a frappé un grand coup avec cette chanson-là. Les réactions des radios et des fans en spectacle, c’est assez impressionnant. Dès le premier concert, les gens connaissaient la chanson par cœur et il y en a même qui faisaient la chorégraphie ! En près de 25 ans de carrière, c’est assez rare que cela nous soit arrivé ! » 

Te souviens-tu du moment ­précis de la création de L’Amérique pleure ? 

« J’avais commencé le texte à l’époque où je travaillais sur l’album Octobre. J’avais deux ou trois couplets de peaufinés, mais ce n’était pas la même mélodie. Quand on travaillait sur le nouvel album, je me suis rappelé ce texte qui traînait dans mes tiroirs. La création a donc commencé aux alentours de 2014 et elle a pris fin en 2019 ! » 

Sentais-tu que le groupe avait une chanson spéciale entre les mains ? 

« Quand j’ai envoyé les maquettes, ç’a été unanime. Tout le monde tripait sur la chanson et disait que ce serait un succès. Mais ça ne veut souvent rien dire. Il y a parfois des chansons [dont] on pense qu’elles vont fonctionner et elles font patate. Ou c’est aussi l’inverse, comme avec Marine marchande. On ne pensait pas que ce serait un hit radio. » 

Pourquoi L’Amérique pleure semble-t-elle connecter si fort avec le public ? 

« Il y a bien des gens qui nous disent que c’est exactement tout ce qu’ils pensent, que nous avons réussi à synthétiser leurs pensées dans une chanson de 200 mots. C’est un grand bonheur de voir que l’on est capable d’être fédérateurs et de mettre des mots sur ce que les gens ressentent. » 

Le vidéoclip de la chanson est aussi très populaire sur YouTube, avec plus de 2,7 millions de visionnements. Comment est arrivée l’idée de la danse en ligne pour la vidéo ? 

« On était à la fin de l’été et on voulait sortir le single sur les radios. Mais je disais que ça prenait aussi du visuel, car tout passe beaucoup par les réseaux sociaux. On était un peu en retard et il fallait trouver une idée simple qui ne coûterait pas trop cher. On a envoyé la chanson au réalisateur Louis-Philippe Eno et l’idée lui est venue tout de suite de faire de la danse en ligne. 

On y voit des gens qui dansent de façon assez festive et joyeuse sur un texte passablement lourd. C’est un super beau contraste et ça allait assez bien avec le concept Les antipodes de l’album. » 

On retrouve des projections dans votre nouvelle tournée. Pourquoi avez-vous ajouté cet élément visuel ? 

« On est rendus extrêmement professionnels, maintenant (rires) ! Notre côté débraillé sur scène, sans mise en scène élaborée, était cool. Mais ça nous tentait de monter d’une coche pour ce qui est des éléments scéniques. Les nouveaux produits dans le milieu d’éclairage sont beaucoup moins chers qu’avant. Avant, c’était hors de prix de louer ces machines-là. » 

Aurez-vous les mêmes dispositifs pour vos spectacles en Europe, en mars ? 

« Ce sera plus élaboré là-bas, en fait. Les salles sont plus grosses, alors les budgets ne sont pas les mêmes. Au Québec, une salle, c’est environ 600 places. En Europe, on joue devant 5000 à 6000 personnes. On peut se permettre de mettre plus de sous sur la production. » 

Le groupe va conclure l’année avec deux concerts au MTelus de Montréal, dans quelques jours. À quoi faut-il s’attendre de ces soirées ? 

« On aura fait environ une douzaine de spectacles de la tournée, rendus là. Ça commence à rentrer au poste ! On connaît bien les nouvelles chansons, les enchaînements. L’énergie du public dans le temps des Fêtes est toujours intéressante. Il y a de l’adrénaline, les gens sont en vacances. On va faire au moins sept chansons du nouvel album. Mais pour le reste, on va se gâter dans le répertoire ! » 

► Les Cowboys Fringants seront en spectacle au MTelus, les 27 et 28 décembre. Les deux concerts affichent complet. Pour toutes les dates : cowboysfringants.com.