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Voici mes disques préférés de 2019

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Il y a quelques jours, on publiait en ces pages et en ligne mon palmarès des 15 albums les plus remarquables de l’année 2019. Évidemment, plusieurs éléments entrent en compte lorsque vient le temps de livrer un tel exercice outre ce qui fait vibrer mes tympans. D’où cette « suite » où je vous propose ici les albums qui ont tout simplement le plus résonné chez moi, en voiture ou encore dans mes écouteurs au cours de 2019. Bonne écoute !

Lana Del Rey

Photo courtoisie

★★★★

Norman Fucking Rockwell!

Au risque de livrer un sujet amené plutôt cliché : alors qu’on multiplie les moyens de se distraire (on peut maintenant jouer à des jeux vidéo dans la salle de bain, quelle époque !), l’ennui demeure. Pire encore, il s’impose de plus en plus.

En 2017, un professeur en sociologie de l’université Western Ontario, Michael E. Gardiner, pilotait Boredom Studies Reader, un ouvrage compilant plusieurs réflexions sur ce champ d’études qui, selon le magazine spécialisé Affaires universitaires, était auparavant considéré à la légère. Il en va de même pour la culture.

D’où la popularité entourant la mouvance slow tv pour relaxer qui rejoint même le Québec. V Télé, par exemple, propose des plans fixes de nature sur fond de musique vaguement porno en fin de soirée.

D’où, j’imagine, la fascination continue pour Lana Del Rey. Deux ans après Lust For Life, qui a été bien reçu, la chantre du spleen revient en force – bien que dans les rangs – avec Norman Fucking Rockwell !

Sympathique ennui

Album épuré, faisant délicieusement écho aux grandes ballades seventies sans singer par nostalgie, ce cinquième LP signé Del Rey est aussi convaincant que sympathique (et ça vient de quelqu’un qui demeure habituellement froid aux tristesses de l’artiste). L’ennui ici est en filigrane, bien qu’assumé. Le temps passe. Idem pour les grandes émotions. Un album sage, bref. Outre une reprise mélancolique Doin’ Time de Sublime qui fait cruellement sourire (il faut se rendre à l’évidence : Sublime n’est pas un grand groupe et ce cover tient presque de la blague), Norman Fucking Rockwell ! se prend bien avec la fin de l’été et les premières feuilles mortes. À titre de référence : les fans de Nancy Sinatra et de Joni Mitchell, notamment, devraient tendre l’oreille.

Louis-Philippe Gingras

Photo courtoisie

★★★★

Tropicale apocalypse

Malgré le titre cataclysmique de l’œuvre, l’auteur-compositeur-interprète folk s’amuse ferme sur ce troisième album délicieusement éclaté musicalement. Imaginez : du steel drum ensoleillé sur une pièce folk rock inspirée de Toronto. Ce qui serait un cauchemar chez plusieurs de ses frères d’armes est un petit bijou, lorsque façonné par Gingras. Seule constante : la qualité de ses textes. Pour les amateurs d’étiquetage : les fans de Tom Waits vont, encore une fois, adorer.

Li’l Andy

Photo courtoisie

★★★★

All The Love Songs Lied To Us

Bien avant que les hipsters prennent le country en considération, ce natif de Wakefield portait déjà le genre sur ces jeunes épaules. Une décennie plus tard, Li’l Andy pourrait toucher du bout du doigt le fameux grand public avec ce cinquième album qui – à ce jour – est le meilleur de sa discographie (très enviable de surcroît). Au programme : des histoires de filles, de ruptures, d’adultères, mais aussi d’amour et d’espoir. Des sujets universels (voire clichés dans le country), mais livrés admirablement par le cowboy et ses desperados. À écouter dans un bar trash, shooter de fort (ou d’eau) à la main.

Angel Olson 

Photo courtoisie

★★★★

All Mirrors

Couronnée, pour le meilleur comme pour le pire, comme chantre du rock low-fi arrache-cœur, Angel Olsen poursuit son émancipation. Après avoir offert un disque vaguement plus ensoleillé (My Woman [2016]), l’autrice-compositrice-interprète revient à la charge avec son album le plus ambitieux en carrière. Bien que l’adjectif épique fait plutôt galvaudé ces jours-ci, il colle tout de même à All Mirrors. Sans vendre la surprise, imaginez un croisement entre les envolées de Kate Bush et les moments de douceurs de Joni Mitchell. 

Coup de coeur

Alice et moi

Photo courtoisie

★★★★

Frénésie

Décidément, la pop française est en grande forme ces jours-ci. Après les parutions distinguées de Clara Luciani et d’Angèle, voici Alice et moi avec Frénésie, un premier maxi fort attendu dans l’Hexagone. Plus pop électro synthé au goût du jour que ses contemporaines, Alice et moi se démarque également par des inspirations tanguant davantage vers le rap à la sauce SoundCloud (d’où, peut-être, sa pièce Je veux sortir avec un rappeur). Étrange, mais vrai : les amateurs de Joji devraient tendre l’oreille.