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USA: la guerre, yes sir!

USA: la guerre, yes sir!
Photo d'archives, AFP

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Le président Donald Trump vient d’approuver pour l'exercice 2020 un colossal budget militaire de 738 milliards $. Une augmentation de 21 milliards par rapport à 2019. Le budget prévoit que les États-Unis doivent maintenir un minimum de 11 porte-avions opérationnels et un programme d'achat de 10 sous-marins d'attaque. 

Les États-Unis avaient déjà en 2017 le budget militaire le plus imposant du monde, beaucoup plus élevé que celui des 10 pays suivants réunis : Chine (150,5), Arabie Saoudite (76,7), Russie (61,2), Inde (52,5), Royaume-Uni (50,7), France (48,6), Japon (46), Allemagne (41,7), Corée du Sud (35,7) et Brésil (29,4). 

L’US Air force est la plus importante aviation de la planète avec, en 2017, plus de 5369 aéronefs (avions et hélicoptères), 406 missiles balistiques intercontinentaux et 170 satellites militaires. La seconde aviation militaire en importance est ... l’US Army avec 4193 aéronefs, surtout des hélicoptères. Vient ensuite... l’aéronavale des États-Unis. L’US Navy et l’US Marine Corps possèdent 3286 aéronefs. Suivent les aviations militaires de la Russie (1900) de la Chine (1500) et de l’Inde (1080). Les forces militaires des États-Unis opèrent aussi 10 691 drones et forment maintenant plus d’opérateurs de drones que de pilotes d’avions de combat. 

L’US Navy est la plus grande force navale au monde avec la plus importante flotte de porte-avions de la planète: 11 en service, deux en construction. Ses groupes d’intervention aéronavale déployés autour des porte-avions coûtent plus de 100 milliards de dollars par année en frais de fonctionnement. En mars 2018, la marine américaine dispose de 282 navires de combat. 

Les États-Unis comptent plus de 600 bases militaires à l’extérieur de leurs frontières, pour un budget opérationnel de 250 milliards de dollars. Ce ne sont pas seulement les systèmes d’armement qui occasionnent des dépenses exceptionnelles à Washington, le Military Times révèle que le Pentagone, en 2014, a dépensé 84 millions de dollars pour des médicaments contre les dysfonctions érectiles de ses soldats comme le Viagra et le Cialis. 

Ces extraordinaires investissements militaires ne réussissent pas à assurer aux États-Unis la victoire lorsqu’ils décident d’avoir recours à la force pour imposer leur volonté. L’armée la plus puissante de l’histoire, la plus technologiquement avancée, est incapable, en Afghanistan, de vaincre des paysans en sandales principalement armés de vieux fusils et ne disposant ni de blindés ni d’avions de combat. 

Les États-Unis sont perçus comme un pays, certes déclinant, mais menaçant, belliqueux et dangereux. Une enquête de Gallup International a révélé en 2013 que la population de 65 pays croit que les États-Unis sont la plus grande menace à la paix mondiale. L’élection de Trump n’a certainement pas atténué ces chiffres, lui qui augmente les sommes allouées au Pentagone de dizaines de milliards chaque année.  

Le spécialiste des questions de défense Lawrence Korb constate que la prodigalité de Trump pour les militaires accroît le déficit fédéral américain et que ces hausses rapides conduisent à des dépenses militaires excessives et imprudentes. Korb souligne que ces énormes dépenses de défense ne sont possibles qu'en réduisant d'autres programmes essentiels. Depuis son accession à la présidence, Trump a réduit de près de 30% le budget du Département d'État et de l'Agence américaine pour le développement international.  

Pour éviter une fin de partie honteuse comme au Vietnam, politiciens et généraux américains se cherchent actuellement en Afghanistan une façon de mettre un terme à la plus longue guerre de l’histoire des États-Unis sans perdre la face. 

Pensez-y. Depuis les attentats du 11 septembre 2001, les Américains n’ont pas «gagné» une seule guerre au sens classique du terme: une victoire décisive qui apporte une paix durable. Ils ont déstabilisé le Moyen-Orient pour des décennies à venir. 

Comme le disait Saint-Augustin: «Le but de toute guerre est la paix». Pas pour demain.