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Un livre pour dénoncer l’écrivain qui aimait les «moins de 16 ans»

Denise Bombardier avait déjà critiqué Gabriel Matzneff

Un livre pour dénoncer l’écrivain qui aimait les «moins de 16 ans»
Photo d’archives, AFP

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Le monde littéraire est secoué en France avec la publication d’un livre-témoignage qui critique l’auteur français Gabriel Matzneff et son attirance « pour les moins de 16 ans ». En 1990, la romancière Denise Bombardier avait ouvertement dénoncé l’écrivain.

Dans un roman autobiographique explosif qui paraîtra le 2 janvier, la directrice des Éditions Julliard, Vanessa Springora, décrit l’emprise que l’écrivain avait sur elle alors qu’elle n’avait que 14 ans.

Le goût proclamé de l’auteur, aujourd’hui âgé de 83 ans, pour les jeunes filles et les jeunes garçons est au cœur de son œuvre. Jamais l’un des adolescents séduits n’avait pris la parole. 

La romancière et chroniqueuse Denise Bombardier l’avait toutefois dénoncé il y a 30 ans, lors de l’émission littéraire Apostrophes avec Bernard Pivot.

Denise Bombardier, Auteure
Photo d'archives, Chantal Poirier
Denise Bombardier, Auteure

Elle le comparait alors à ces « vieux messieurs » qui attirent les enfants avec des bonbons. 

« Dans le temps, j’étais la seule à m’être levée pour dénoncer cet homme. On m’a dit que je mettais en péril l’écrivain en moi. Et effectivement, j’ai été boycottée du milieu littéraire par la suite ! » a-t-elle expliqué, jeudi, en entrevue au Journal.

Dans son livre intitulé Le consentement, Vanessa Springora raconte comment elle a été séduite, adolescente, par l’auteur, alors presque quinquagénaire (elle le nomme G.).  

Époque révolue ? 

La sortie de l’ouvrage relance le débat entre défenseurs de l’écrivain, dénonçant une forme de puritanisme, et ceux défendant les victimes de violences sexuelles. Et remet un coup de projecteur sur la notion de consentement sexuel.  

« Comment admettre qu’on a été abusé, quand on ne peut nier avoir été consentant ? Pendant des années, je me débattais moi aussi avec cette notion de victime », écrit l’auteure. 

Gabriel Matzneff, encore chroniqueur aujourd’hui au Point sur la spiritualité et les religions, n’a jamais été condamné, rappelle Le Monde, évoquant un « malaise » dans le milieu littéraire.

« L’important, c’est qu’il soit démasqué. C’est de ça dont on va se souvenir le concernant. Et non pas du fait qu’il soit “un des plus grands écrivains de littérature du XXe siècle” », a tranché pour sa part Denise Bombardier, qui déplore que l’homme n’ait jamais fait face à la justice.

Sollicité via son éditeur, Gabriel Matzneff n’a pas souhaité répondre à l’AFP. Dans un message à l’Obs, il fait part de sa « tristesse » au sujet d’un « ouvrage hostile destiné à (lui) nuire ».