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[BALADO] Collusion et corruption: «Il faut que nos policiers soient mieux formés»

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Les journalistes du Bureau d’enquête estiment que les forces policières ne sont pas nécessairement bien équipées pour mener des enquêtes sur la collusion et la corruption au Québec.   

Les journalistes Jean-Louis Fortin, Éric Yvan Lemay, Félix Séguin, Sarah-Maude Lefebvre et Alexandre Robillard se sont rassemblés dans les studios de QUB radio pour se rappeler les bons coups du Bureau d’enquête en 2019.            

  • ÉCOUTEZ le balado L’année 2019 du Bureau d’enquête:    

Éric Yvan Lemay indique qu’il y a peu d’expertise en enquête sur la corruption et la collusion au Québec et que c’est pourquoi il n’y a bien souvent aucun aboutissement dans ce genre d’investigation.      

«Il faut que nos policiers soient mieux formés, parce que, présentement, les policiers sont bien formés pour faire des interventions sur la route, pour faire des enquêtes de meurtre, mais [pas] pour des enquêtes de collusion et corruption, qui sont des enquêtes hyper-complexes, techniques, qui demandent de l’expertise en comptabilité, en droit, et même une certaine connaissance politique. Malheureusement, il y a peu de policiers qui ont ces connaissances-là», a-t-il déclaré.     

Le journaliste Félix Séguin ajoute qu’il s’agit même de la «racine du problème» d’efficacité.       

Alexandre Robillard a également renchéri en disant cependant qu’il semble tout de même y avoir une volonté politique de changer les choses, et ce, au sein même de l’Unité permanente anticorruption (UPAC).      

«On peut quand même constater qu’il y a l’air d’avoir un mouvement dans ce sens-là, du moins du côté de l’UPAC. On a juste à se rappeler, je pense que c’est en juin dernier, le nouveau comité de surveillance mis en place et présidé par Claude Corbo émettait d’ailleurs des recommandations concernant la formation et le recrutement de membres du personnel de l’UPAC qui n’étaient pas nécessairement des policiers. Je pense qu’il y a une ouverture, à l’UPAC, pour diversifier les expertises. Un cas comme Mâchurer, ça démontre vraiment une complexité ou, en tout cas, il faut avoir la capacité de s’immerger dans des réseaux politiques qui sont complexes et qui sont au cœur de ces enquêtes», a précisé Alexandre Robillard.      

Lancée en 2014, l’enquête Mâchurer éprouve certaines difficultés en raison de contestations judiciaires menées jusqu’en Cour suprême par les avocats de Marc Bibeau, ancien argentier libéral et ami de Jean Charest.        

Le livre PLQ inc. du Bureau d’enquête, paru en 2019, montre jusqu’où les policiers sont allés dans Mâchurer. Le livre fait état de la lutte contre la corruption au Québec dans les 10 dernières années. Il révèle également ce que la police a appris sur ce qui entoure les allégations de financement illégal au Parti libéral du Québec.

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