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L’année politique 2019: un très bon cru

1An CAQ
Le Journal de Québec

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On ne boudera pas notre plaisir. À mon humble avis, tant au fédéral qu’au Québec, on se souviendra de 2019 comme ayant été l’année où les bonnes nouvelles ont eu le haut du pavé sur les mauvaises. Une rareté s’il en est une.

Au fédéral, les Canadiens et les Québécois l’ont échappé belle. Affaibli entre autres par sa propre gestion chaotique de l’« affaire » SNC-Lavalin et ses trop nombreuses excentricités costumières, le premier ministre libéral Justin Trudeau était en danger réel de perdre l’élection du 21 octobre. S’il a remporté un deuxième mandat, minoritaire cette fois-ci, c’est avant tout grâce à la campagne catastrophique et aux valeurs sociales rétrogrades du chef conservateur Andrew Scheer. Bon débarras, comme dirait l’autre.

Chez les conservateurs, l’espoir est venu par la démission in extremis de M. Scheer. En 2020, ils auront donc la chance de se choisir une nouvelle chef ou un nouveau chef nettement mieux aligné sur les valeurs plus centristes des Canadiens.

Une résurrection inattendue

Au Bloc québécois, une résurrection était totalement inattendue. La campagne impeccable de son nouveau chef, Yves-François Blanchet, lui a permis de tripler sa députation. Même s’il a mis de côté la promotion de la souveraineté, le Québec retrouve néanmoins un porte-voix efficace à la Chambre des communes.

Les néo-démocrates ont perdu plusieurs sièges. Une très mauvaise nouvelle pour eux. Grâce à l’étonnante performance de leur chef Jagmeet Singh, ils ont néanmoins évité le déshonneur et hérité de la balance du pouvoir.

Malgré la montée de l’urgence climatique, au Parti vert, les cieux furent moins cléments. Sa bonne nouvelle fut le départ annoncé de sa chef Elizabeth May, dont la campagne bâclée s’est avérée celle de trop.

L’année de François Legault

Au Québec, nul doute que 2019 fut l’année de François Legault. Malgré des erreurs d’aiguillage en immigration, l’armure « nationaliste » du premier ministre caquiste s’en sort indemne. Même sa loi controversée sur la laïcité a échappé aux griffes de la Cour d’appel. À 70 % chez les francophones, le taux de satisfaction envers son gouvernement à l’aube de sa deuxième année au pouvoir atteint des sommets inégalés. Du jamais vu. 

Pour les libéraux, la bonne nouvelle est plus difficile à trouver. Au sortir de leur défaite historique de l’an dernier, la reconstruction s’annonce ardue. S’ils sont sages, leur futur chef saura toutefois renouer avec une partie de la majorité francophone laissée en plan sous les ères Charest-Couillard.

Chez Québec solidaire, l’automne fut pénible. Leur inexplicable virage ultra-indépendantiste, combiné aux incartades vestimentaires répétées de sa députée Catherine Dorion — en quête constante d’attention médiatique —, lui ont fait perdre le tiers de leurs appuis dans l’électorat. C’est énorme. La bonne nouvelle pour QS ? Le rôle proactif de sa députée Christine Labrie dans le dossier épineux de la cyberintimidation contre les élues. 

Exposée et dénoncée

Et au Parti québécois ? La remontée du Bloc, son parti frère au fédéral, ne lui aura été d’aucun secours. Aucune candidature de prestige ne se pointe non plus pour sa chefferie. Son chef intérimaire, Pascal Bérubé, demeure néanmoins un atout de taille. Idem pour la députée Véronique Hivon, dont le travail transpartisan dans le dossier des violences contre les femmes est d’une qualité exceptionnelle. 

En 2019, une autre bonne nouvelle est justement le fait que la violence contre les femmes, sous toutes ses formes, est de plus en plus exposée et dénoncée sur la place publique. Ne manquent plus que des actions concrètes pour la combattre beaucoup plus efficacement. 

2019 fut aussi l’année des changements climatiques. En partie grâce au formidable travail de mobilisation de la jeune écologiste suédoise Greta Thunberg, de plus en plus de Canadiens et de Québécois ont pris conscience de l’urgence d’agir. 

Comme quoi, en cette fin d’année, notre verre collectif d’espoir est passablement plus plein que vide. Qui l’eût cru ?