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Le marché américain se referme

La croissance des ventes d’Hydro-Québec aux États-Unis paraît de plus en plus incertaine

GEN-ELECTRICITE
Photo d’archives

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En moins d’un an, Hydro-Québec a vu son potentiel de vendre de l’électricité aux États-Unis être complètement chambardé. Et les prochaines années s’annoncent très difficiles.

Par le passé, les ventes d’Hydro-Québec aux États-Unis représentaient un véritable Klondike. En 2018, les ventes de la société d’État chez nos voisins du Sud ont atteint 1,575 milliard $.

Or, les opportunités de croissance fondent comme neige au soleil pour la société d’État au pays de l’oncle Sam.

Il faut dire que les ménages américains s’équipent de plus en plus de panneaux solaires sur les toits de leurs résidences. 

Résultat : les ventes aux États-Unis ont rapporté 80 millions $ de moins dans les coffres de la société d’État au cours des neuf premiers mois de 2019.

Lors du deuxième trimestre (avril, mai et juin), les ventes d’électricité d’Hydro aux États-Unis ont notamment dégringolé de 59 millions $.

Une menace réelle

 « C’est une menace », a d’ailleurs reconnu le chef de la direction financière d’Hydro-Québec, Jean-Hugues Lafleur, lors du dévoilement des résultats financiers du deuxième trimestre.

Au cours de la dernière année, les ménages américains des États de New York et de la Nouvelle-Angleterre ont installé pour plus de 1100 mégawatts (MW) de panneaux solaires aux toits de leurs résidences.

Ces autoproducteurs d’électricité ont fait en sorte de faire chuter les prix de l’énergie sur les marchés de la Nouvelle-Angleterre et de New York au cours des derniers mois.

Sans des contrats de couverture, Hydro-Québec aurait touché environ 2,9 cents du kilowattheure exporté aux États-Unis au dernier trimestre. Avec ses contrats de couverture, la société d’État a pu retirer 4,4 cents du kWh vendu en moyenne.

L’an dernier, le PDG d’Hydro-Québec, Éric Martel, avait évoqué la fameuse « spirale de la mort » alors que les ménages deviennent de plus en plus des autoproducteurs d’électricité et que les tarifs des grands fournisseurs explosent.


Contrat à risque

Le « contrat du siècle » d’Hydro-Québec de 20 ans avec le Massachusetts n’a jamais paru aussi incertain. Ce contrat de vente annuel de 9,45 térawattheures (tWh) doit rapporter 10 milliards $.

Référendum 

Contesté devant les tribunaux, le projet de construire une ligne à haute tension en sol américain de 233 kilomètres pourrait être soumis à un référendum aux citoyens du Maine lors des élections américaines, à l’automne 2020.

Des élus s’en mêlent

Un comité de la Chambre des représentants des États-Unis a décidé d’étudier le contrat entre Hydro-Québec et le Massachusetts. Des élus américains pourraient tenter de bloquer le projet.

Il manque des permis

Les promoteurs du projet de la ligne à haute tension au Maine doivent recevoir encore plusieurs autorisations, dont celle du Département fédéral de l’Énergie, à Washington. 

Les coûts s’accumulent

Tous ces retards et complications auront une incidence sur la facture totale du projet. Hydro a déjà radié 46 M$ pour l’arrêt au New Hampshire du projet de ligne à haute tension Northern Pass.

Contestation d’un producteur

Le producteur NextEra Energy Resources, qui détient notamment des centrales au gaz et au mazout, conteste devant les tribunaux le projet de ligne d’Hydro-Québec et de son partenaire dans le Maine.