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Bien vieillir et profiter de la vie

Carl Honoré
Photo courtoisie, Madeleine Alldis Carl Honoré

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Vieillir fait-il encore peur ? Le journaliste Carl Honoré, célèbre depuis la publication de son méga best-seller Éloge de la lenteur, s’est penché sur la question du vieillissement à notre époque dans son nouveau livre, La Révolution de la longévité. Après avoir longuement étudié la question et voyagé de par le monde pour obtenir des réponses, il en tire une réflexion très optimiste. 

À son avis, il est grand temps de briser les préjugés – notamment en matière de relations amoureuses – et d’abolir les frontières qui compartimentent les différents âges de la vie. Pour lui, la séquence « études, vie professionnelle, repos » ne tient plus : il est possible d’apprendre, de travailler, de créer et surtout de profiter de la vie tout au long de la vie. 

 

Rejoint à Londres pour une entrevue téléphonique, Carl Honoré rappelle qu’on a bien des raisons de se réjouir au lieu de s’apitoyer sur notre sort, en voyant les années s’écouler. Il donne plusieurs raisons de profiter pleinement d’une vie plus longue et en meilleure santé dans La Révolution de la longévité

Il est bien conscient des préjugés liés à l’âge et au vieillissement. « Si on parle du langage, le mot “vieux” est synonyme de beaucoup de choses négatives. Le mot “jeune” est synonyme de vigueur, de santé, de sexualité, de productivité, de performance, de créativité. Le point de départ, pour lutter contre ce culte de la jeunesse, est de réexaminer notre langage. » 

Ce qui ne veut pas dire qu’on est « jeune » à 65 ans, à son avis. « On peut être bien, en bonne santé, avoir beaucoup confiance en soi, de la connaissance de soi, avoir du bonheur, de la santé, de la performance, mais on a quand même 65 ans. » 

Bien vieillir ne veut pas dire rester jeune éternellement. « J’essaie de plus en plus de faire le lien entre bien vieillir et bien vivre, parce que les conseils sont identiques. Pour moi, le mot juste, c’est de vivre pleinement, profiter de chaque moment au maximum, à sa propre mesure », explique le journaliste, lui-même à l’aube de la cinquantaine. 

Se méfier des préjugés 

Il faut se méfier de la petite voix qui chuchote, « tu es trop vieux pour ça », ajoute-t-il. « On permet que l’âge chronologique nous pose des définitions et des limites. À mon avis, bien vieillir, c’est se débarrasser de ce sac à dos rempli de préjugés négatifs par rapport au vieillissement, pour que chaque personne puisse définir sa version de chaque étape de la vie.  

Il faut vivre la trentaine à sa mesure, la cinquantaine à sa mesure, plutôt que suivre une recette imposée par la société ou la culture et souvent animée par des préjugés toxiques et incorrects. C’est quelque chose qui m’a vraiment frappé avec les investigations faites pour ce livre. » 

Apprentissage 

Carl Honoré explique qu’il a appris beaucoup plus avec ce livre qu’avec les trois autres livres sur la lenteur. « Je me suis rendu compte que j’étais complètement écrasé par ces préjugés. Je les avais complètement avalés et acceptés. Je ne savais même pas que les niveaux de bonheur et de satisfaction dans la vie concernaient la tranche d’âge des gens de 55 ans et plus. Ça m’a choqué parce que ma vision était complètement contraire. » 

Cette vision concerne la performance au travail, la capacité de continuer à apprendre, le sexe, la romance et l’érotisme. « J’étais un âgiste pur, au début de cette investigation. Ça a complètement changé ma vision », ajoute-t-il. « Je vois mon propre vieillissement, et le vieillissement en général, d’un autre œil. » 

 


  • Carl Honoré est d’origine canadienne (il a grandi à Edmonton) et vit à Londres depuis plusieurs années. 
  • Il est journaliste, écrivain, chroniqueur dans plusieurs journaux prestigieux. 
  • Son grand succès, Éloge de la lenteur, a été traduit en 34 langues. 
  • Son site : carlhonore.com.