/opinion/columnists
Navigation

Pas de répit en 2020 à Ottawa

Coup d'oeil sur cet article

Entre la course à la direction du Parti conservateur, les aléas des relations avec la Chine et les États-Unis, ainsi que les jeux de coulisses inhérents au gouvernement minoritaire libéral, l’année 2020 sur la scène fédérale promet d’être captivante.

Aperçu des mois à venir.

Des déficits monstres

Photo REUTERS

Les libéraux de Justin Trudeau déposeront ce printemps un budget crucial. Minoritaires aux Communes, ils devront idéalement trouver un terrain d’entente avec au moins un parti d’opposition.

 Le jeu de coulisse qui mènera à son adoption fera couler beaucoup d’encre. Les oppositions tenteront d’échanger leurs demandes contre leur appui au texte. Le NPD, par exemple, veut voir des avancées vers la création d’un programme d’assurance médicaments pancanadien.

Jusqu’à présent, le Bloc québécois s’est montré ouvert à appuyer le gouvernement minoritaire libéral sur des questions de confiance, comme le discours du Trône.

Mais c’est la colonne du déficit qui risque d’attirer le plus l’attention. Celui-ci devrait atteindre plus de 28 G$ l’an prochain. Et c’est sans compter les nouvelles dépenses qui se retrouveront dans le budget.

Quel visage pour les conservateurs ?

Photo AFP

Cette année, tous les yeux seront rivés vers le Parti conservateur qui est à la croisée des chemins. À la fin 2020, la formation politique aura fort probablement élu un nouveau chef, et peut-être même épousé une nouvelle identité.

La course à la direction du parti sera enlevante, surtout si elle compte dans ses rangs des candidats vedettes, comme Jean Charest ou Rona Ambrose. Tout indique que ce sera le cas, contrairement à la course qui a couronné Andrew Scheer en 2017, inconnu du grand public à l’époque.

Reste à savoir dans quel état la course laissera le parti. Des lignes de fractures sont bien visibles entre les conservateurs des Prairies et ceux, plus progressistes, de l’est du pays. Des divisions qui seront assurément à l’œuvre lors d’un grand congrès qui aura lieu à Toronto en novembre. L’événement sera l’occasion pour les militants de rafraîchir leurs politiques.

L’année 2020 sera-t-elle synonyme d’unité ou de division pour la grande famille conservatrice ?

Armes à feu et aide médicale à mourir

Resserrer le contrôle des armes à feu et élargir les critères donnant accès à l’aide médicale à mourir ; ces deux dossiers risquent de monopoliser l’attention des élus fédéraux à la Chambre des communes en 2020.

Les libéraux ont promis de bannir les armes d’assaut et d’offrir le pouvoir aux villes d’interdire les armes de poing. L’adoption d’un projet de loi en ce sens figure tout en haut de la liste des priorités du gouvernement, selon des sources libérales. Les conservateurs s’y opposent fermement. Mais Justin Trudeau pourrait obtenir l’appui du NPD et du Bloc québécois.

Les libéraux ont aussi promis d’assouplir rapidement la loi sur l’aide médicale à mourir.

Four more years ?

Photo AFP

L’élection de Donald Trump en 2016 à la présidence des États-Unis a provoqué une puissante onde de choc dans les grandes capitales mondiales. M. Trump poursuivra-t-il son parcours improbable à la tête de la plus grande puissance de la planète ? Les Américains trancheront, le 3 novembre prochain, date des élections présidentielles.

À moins, bien sûr que l’impétueux président soit destitué avant. Mais selon toute vraisemblance, ce ne sera pas le cas. Le Sénat, contrôlé par les républicains, en jugera probablement dès janvier.

On peut penser que la classe politique canadienne se croise les doigts pour que l’aventure politique de M. Trump se termine en 2020. L’imprévisibilité du milliardaire a marqué au fer rouge les relations Ottawa-Washington dans les dernières années, à coups d’insultes et de volte-face.

Quelle unité nationale ?

Photo PIerre-Paul Poulin

Justin Trudeau a choisi d’envoyer sa plus compétente ministre, Chrystia Freeland, sur le front des relations avec les provinces. Cette dernière aura du pain sur la planche cette année.

Le Québec n’est pas la seule province à avoir soif d’autonomie. L’Alberta et la Saskatchewan ont aussi leur lot de revendications par rapport à Ottawa.

Les provinces ont choisi de présenter un front commun face à Ottawa. Elles ont récemment énoncé quelques priorités, comme un meilleur financement de la santé.

 Quelle suite donnera le gouvernement Trudeau à leurs demandes ? A-t-il les moyens d’acheter la paix, lui qui a déjà creusé un important déficit ?

Enfin libres ?

La Chine détient derrière les barreaux depuis maintenant plus d’un an deux Canadiens. L’année 2020 marquera-t-elle la libération de Michael Kovrig et Michael Spavor ?

Il est permis d’espérer que ce soit le cas. La guerre commerciale entre Washington et Pékin est en passe de se régler. Ce réchauffement entre les deux puissances pourrait être une bonne nouvelle pour nos Canadiens détenus.

Rappelons que le Canada et la Chine sont à couteaux tirés depuis l’arrestation, à la demande des Américains, en décembre 2018 à Vancouver, d’une haute dirigeante du géant chinois des télécoms Huawei, Meng Wanzhou.