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Des athlètes au cœur de lion

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Photo d'archives Jean Pascal et Badou Jack ont livré jusqu’à leur dernière once d’énergie, hier soir.

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ATLANTA | Jean Pascal est encore champion du monde. Décision partagée qui peut s’expliquer, puisque Pascal avait dominé les cinq premiers rounds. 

Mais Badou Jack aurait gagné que tout aurait été correct aussi. 

En fait, ces deux valeureux guerriers ont offert un spectacle grandiose de courage et de cœur. Jean Pascal a démarré en lion comme à ses plus beaux jours mais, fidèle à son habitude, Badou Jack a établi son jab et sa défense et a commencé à dominer les échanges à partir de la mi-combat. 

Mais c’est le cœur. Le maudit cœur. Et une mâchoire d’acier qui ont permis à Pascal de survivre à un 12e round où il a visité le plancher pour une première fois de sa carrière.  

Il a survécu au cœur et au courage. Et il a réussi à terminer le combat en chargeant Badou Jack malgré la fatigue, les idées embrouillées et les jambes molles. 

Jean Pascal est encore champion du monde. Lui et Badou Jack ont livré un combat furieux que les 20 000 spectateurs ont apprécié, même si les partisans de Jack ont hué la décision. Ce diable d’homme en a donc encore dans le réservoir. 

Une entrée ratée 

Malheureusement, on a complètement raté un moment souvent magique d’un important combat de boxe.  

L’entrée des gladiateurs. Comme tout le reste des derniers jours, l’organisation a cruellement fait défaut.  

Pas de chanson, pas de thèmes musicaux, c’est dans l’anonymat complet que les deux hommes sont montés dans le ring. Luc-Vincent Ouellet, venu de Montréal pour bander les mains de Pascal, était incrédule devant ce ratage qui s’ajoutait à d’autres ratages. 

Heureusement, le combat a eu vite fait de river les spectateurs à leur siège 

Sur le plancher d’Atlanta 

Je ne veux pas faire de peine à personne, mais des fois, je me demande si Montréal est sur le même continent que certaines villes américaines. 

Hier, en descendant du taxi pour me diriger vers l’entrée des médias du State Farm Arena, l’édifice des Hawks d’Atlanta de la NBA, j’ai eu le malheur de tourner la tête vers la gauche. Et là, j’ai vu le plus beau stade qui soit. Celui des Falcons de la NFL et du Atlanta United, l’équipe de soccer de la ville. C’est là que les 65 000 amateurs de ballon rond se retrouvent pour encourager leur équipe de foot. C’est grand, c’est énorme, c’est beau. Et ça s’appelle le Stade Mercedes-Benz. On rentre trois stades Saputo dans le Mercedes, et il reste de la place pour le vin rouge. Va falloir que Kevin Gilmore fasse de très gros efforts si on veut que l’Impact soit capable de suivre la parade de la MLS... 

Le Chick-Fil-A Peach Bowl 

D’un côté, on n’arrive pas à vendre le broadcast de l’Impact à une entreprise quelconque au Québec, et de l’autre, on a trouvé le Chick-Fil-A comme commanditaire du Peach Bowl. Le Peach est une grande institution à Atlanta et en Géorgie. Le Chick-Fil-A est un poulet frit style du Sud.  

Mais ne vous trompez pas, le Chick-Fil-A est une institution encore plus célèbre que le Peach Bowl à Atlanta. Le nom est une adaptation de Chick Filet prononcé avec l’accent du Sud. C’est la plus grosse chaîne de restaurants de poulet en Amérique. Fondée et dirigée d’Atlanta. Avec au menu le sandwich au poulet et le sandwich au poulet. Si vous voulez varier le menu, il y a... le sandwich au poulet.  

Le fondateur de la chaîne était un bon baptiste et a décidé que les restaurants n’ouvriraient pas le dimanche par respect pour le jour du Seigneur. Achetez le samedi si vous voulez du Chick-Fil-A le dimanche. Les dirigeants du Chick-Fil-A sont contre le mariage gai et ont essuyé plusieurs manifs au cours des dernières années.  

On ne savait pas au moment d’écrire ces lignes si Jean Pascal avait goûté au Chick-Fil-A... 

À quoi ça rime? 

Ahmed Elbiali a passé le knock-out à Brian Vera en six petits rounds brouillons et malhabiles. Elbiali n’est pas en forme et a pompé l’huile à plusieurs reprises dans le combat. Pour une raison que j’ignore, Elbiali s’est battu vers 18 heures. Devant quelques journalistes, une couple de bouncers et sept spectateurs dispersés dans l’immense State Farm Arena.  

Je le regardais se battre, pas trop motivé, de toute évidence, et je me demandais à quoi ça rimait. Pas de télé, pas de presse, pas de spectateurs. Battez-vous à la maison. Mathieu Boulay est allé jaser avec lui. Je l’ai salué alors qu’il quittait l’enceinte. Trop gentil et trop affable pour cette jungle. 

L’absence d’Adonis 

La rumeur voulait qu’Adonis ait été invité à assister au gala. Badou Jack a confirmé que Stevenson avait reçu l’invitation. Mais la vie d’Adonis traverse une passe houleuse. Tout ce qu’on espère, c’est qu’il continue à faire des progrès dans sa réadaptation. 

Deux arbitres pour la soirée  

Non seulement on s’ennuie de Michel Hamelin mais on s’ennuie de Mike Griffin, d’Éric Forest, d’Yvon Goulet, d’Alain Villeneuve et de leurs confrères de la Régie. Deux arbitres se sont partagé le travail pour les huit premiers combats de la soirée.  

On comprendra qu’ils se tenaient beaucoup trop loin de l’action et que le pauvre Darwin Price, qui s’est disloqué la rotule de la jambe droite, aurait eu le temps de prendre une ambulance avant que l’arbitre n’arrête le combat.  

Sinon, belle soirée en Géorgie. Georgia on My Mind...