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Des pratiques de chasse «archaïques» dénoncées

Un oiseau de proie vulnérable se retrouve coincé dans un piège de trappeur

Aigle tête blanche
Photo tirée du compte Facebook de Jennifer Tremblay Annie Bilodeau, qui a transporté l’aigle jusqu’au centre d’aide pour animaux, et Raphaël Tremblay-Bouchard, le fils de la présidente de l’organisme SOS Miss Dolittle.

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Un aigle à tête blanche, un oiseau de proie classé vulnérable, a été secouru alors que la bête était coincée dans un piège de trappeur, à Thetford Mines. Une situation déplorable causée par une pratique « qui ne devrait plus exister » selon l’organisme SOS Miss Dolittle.  

L’oiseau emblématique des États-Unis, de son vrai nom « pygargue à tête blanche », a été retrouvé, jeudi, alors qu’il avait le cou coincé dans un collet à coyote, se débattant à tout rompre. 

C’est Kaven Toutant qui a découvert l’oiseau alors qu’il se promenait en VTT sur une terre à la recherche de lièvres et de perdrix, avec son fils. 

L’aigle a été appelé Kaven par l’organisme qui l’a soigné, en l’honneur de son sauveur.
Photo tirée du compte Facebook de Jennifer Tremblay
L’aigle a été appelé Kaven par l’organisme qui l’a soigné, en l’honneur de son sauveur.

« J’ai entendu des craquements dans les branches, alors je me suis avancé pour voir ce que c’était. Quand j’ai vu que c’était un aigle, j’ai poigné un deux minutes ! J’ai dit à mon gars de se sauver avec le quatre-roues si je me faisais mal », s’esclaffe l’homme, en entrevue avec Le Journal

S’en est suivie une lutte avec le piège et l’animal pour le libérer, car ce dernier « n’était pas très coopératif ».  

M. Toutant est finalement parvenu à le ramener chez lui, où il l’a nourri et a tenté de s’en occuper avant qu’un organisme plus compétent le prenne en charge. C’est seulement le lendemain que l’oiseau a été amené au centre d’aide pour animaux sauvages SOS Miss Dolittle. 

Sain et sauf 

Les membres de l’organisme de Saint-Henri-de-Lévis étaient sur un pied d’alerte lorsqu’ils ont été contactés par l’homme qui a secouru la bête. C’était d’ailleurs la première fois qu’ils avaient à soigner ce type d’oiseau. 

 

« D’après ce qu’on nous avait raconté, on s’attendait au pire, raconte Jennifer Tremblay, présidente de SOS Miss Dolittle. Après de nombreux examens, on n’a rien trouvé de trop sérieux. »  

L’aigle a ensuite été transporté à l’hôpital vétérinaire de l’Ormière, où des radiographies ont été faites pour confirmer qu’il n’était pas en danger. Il sera finalement acheminé à l’Union québécoise de réhabilitation des oiseaux de proie (UQROP), à Saint-Hyacinthe, aujourd’hui, avant d’être relâché dans la nature. 

Cette espèce d’oiseau est classée vulnérable depuis 2003.
Photo courtoisie, Julie Audet
Cette espèce d’oiseau est classée vulnérable depuis 2003.

 

Des pratiques « dépassées »  

Depuis que SOS Miss Dolittle a ouvert ses portes, il y a six ans, 2393 animaux en détresse y ont été soignés. Selon Mme Tremblay, 80 % des cas sont causés par l’humain de façon directe ou indirecte, une situation qu’elle déplore. 

« Nous, on voit les résultats de la chasse et du trappage sur les animaux. On trouve ça désolant parce que ces us et coutumes ne sont plus nécessaires. On n’a plus besoin de fourrure et on n’a plus besoin de trapper ou chasser pour contrôler les populations. Ce sont de faux arguments. » 

Elle assure d’ailleurs que son organisme se prononcera au ministère de la Faune, contre ces « pratiques archaïques et dépassées ». 

« On comprend que c’est une industrie qui rapporte beaucoup d’argent, mais à quel prix ? On va faire le plus de tapage possible pour se faire entendre », conclut-elle.