/news/currentevents
Navigation

La violence conjugale serait un problème de santé publique

Coup d'oeil sur cet article

Les autorités devraient en faire davantage pour assurer la protection des victimes de violence conjugale, estime une experte au lendemain du témoignage-choc d’une survivante. Elle a dénoncé son ex présentement incarcéré, mais qui a réussi à contacter sa victime alléguée.  

Dimanche, Le Journal rapportait l’histoire de Mélanie Dubé , 33 ans, une femme qui a choisi de dénoncer son ex violent.  

Dans la foulée des quatre meurtres conjugaux survenus au Québec depuis deux mois, elle en avait assez de voir des vies arrachées par des hommes contrôlants.  

Or, bien qu’elle espère faire bouger les choses, elle craint toujours pour sa sécurité, car elle ignore à quel moment son agresseur invoqué, Alexandre Filion, 23 ans, retrouvera sa liberté.  

En faveur du bracelet  

«Dans ce cas-ci, un bracelet anti-rapprochement ce serait une bonne idée. Il y a un danger clair pour la femme lorsqu’un homme violent se permet d’aller jusque-là [envoyer un message texte à partir de la prison] pour entrer en contact avec sa victime. On minimise trop souvent le danger en violence conjugale», lance Claudine Thibodeau, de SOS violence conjugale.  

Pour elle, la violence conjugale est un problème grave de santé publique.   

«Il est temps d’appeler un chat, un chat. Est-ce que qu’on dirait à quelqu’un qui souffre du cancer: “Désolé, on ne peut pas te soigner aujourd’hui, rappelle demain”», se questionne la travailleuse sociale.   

Pourtant, au Québec, 20 000 personnes par année sont reconnues comme des victimes de violence conjugale. En 2018-2019, la Fédération des maisons d’hébergement pour femmes a dû refuser 15 000 femmes par manque d’espace dans ses 36 maisons d’hébergement.  

Pour sa part, le Regroupement des maisons pour femmes victimes de violence conjugale n’a pas pu apporter l'aide demandée pour 3600 femmes et 2500 enfants en 2018-2019. C’est 61% de plus qu’en 2015.  

Malgré l’interdiction d'entrer en contact avec Mélanie Dubé ordonnée par un juge à Alexandre Filion, Mme Thibodeau n’est pas surprise d’apprendre qu’il a tenté de la joindre même s'il est en prison.   

«C’est comme si on s’attendait à ce qu’un homme qui ne respecte pas la non-violence au départ respecte un bout de papier», explique l’experte.