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Sensibiliser les employeurs aux défis des jeunes

Quebec
Photo Stevens LeBlanc Arnaud Larue, jeune travailleur.

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Un jeune de 17 ans qui débutera le cégep en retard après une mauvaise conciliation travail/études souhaite témoigner de son expérience pour sensibiliser les employeurs.

« Il y en a qui pensent plus à leur business qu’à notre réussite, ils doivent comprendre qu’on est étudiant avant tout. »

Arnaud Larue a commencé à travailler dans le milieu de la restauration à 14 ans. Rapidement, son nombre d’heures a grimpé et le manque de main-d’œuvre n’a fait qu’empirer les choses.

« C’est clair qu’il y en a qui abusent du fait qu’on est jeune », déplore Arnaud. « Je me suis déjà fait proposer des augmentations si je prenais plus d’heures, mais 25 cents, ce n’est rien quand on y pense. »

À l’époque, en secondaire 3, le jeune homme s’est retrouvé à travailler parfois jusqu’à six jours par semaine.

« Je prenais l’autobus après l’école pour aller au resto et je revenais chez moi vers 20 h, parfois 21 h. Je n’avais plus de temps pour l’école, donc je faisais ce que je pouvais », se souvient l’adolescent qui a vu ses résultats diminuer largement durant ses dernières années à l’école secondaire.

Ne pas nuire à son emploi

Au moment de faire ses choix de cours optionnels, Arnaud a préféré y aller avec le minimum puisqu’il travaillait beaucoup. 

« J’ai pris ce qu’il y avait de plus facile pour [ne] pas me mettre dans le trouble », admet-il.

Il regrette cette décision puisqu’il ne peut entrer au cégep en même temps que ses amis. « Je m’en rends compte aujourd’hui. Je n’ai pas tous mes cours préalables, tout ça parce que je travaillais. »

Le jeune homme raconte avoir souvent songé à démissionner ou à demander à son patron de faire moins d’heures, mais la dynamique dans certaines entreprises complique la vie des jeunes. 

« Ils jouent à la victime en te disant qu’ils sont dans le trouble et ils te font sentir coupable. Ça ne devrait pas être ton problème ça ! » lance Arnaud Larue.

Ce dernier salue le fait que certains employeurs, comme son patron actuel, sont conscients de la réalité des jeunes et respectent le fait qu’ils sont étudiants d’abord.

Il espère toutefois que le gouvernement se penchera sur le cas des employeurs délinquants, surtout que la pénurie n’améliorera pas les choses. « Il faudrait les sensibiliser. »