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Du travail qui a plombé les notes d’un adolescent

Jacob Ringuette a connu les risques de donner trop de temps à son emploi. Il estime qu’il peut être facile de perdre le contrôle. « Il manque tellement d’employés, partout, dont les employeurs ont toujours besoin. »
Photo Jean-François Desgagnés Jacob Ringuette a connu les risques de donner trop de temps à son emploi. Il estime qu’il peut être facile de perdre le contrôle. « Il manque tellement d’employés, partout, dont les employeurs ont toujours besoin. »

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Plusieurs adolescents québécois occupant des emplois font fi de l’avis des experts et travaillent jusqu’à 25 heures par semaine, ce qui a pour effet de nuire à leurs résultats scolaires. Jacob Ringuette a vécu cette spirale, allant jusqu’à frôler l’échec.

Heureusement pour le jeune étudiant à la Polyvalente de L’Ancienne-Lorette, il a réussi à mettre les freins avant que la situation ne devienne trop critique. Mais ce n’est pas tout le monde qui y parvient.

« De 80-85 habituellement, mes notes flirtaient plus avec le 60 au début de ma 4e secondaire. La première étape de l’année a été ma pire à vie », confie l’adolescent qui occupe un emploi dans un supermarché de Québec depuis l’âge de 14 ans.

Déterminé à travailler, il n’a jamais hésité à se rendre disponible pour son employeur. Et dans le contexte de pénurie, les heures s’accumulaient. 

« Je travaillais jusqu’à 25 heures par semaine, en plus de l’école. Je faisais deux quarts de neuf heures la fin de semaine, en plus d’un ou deux soirs de semaine. [...] Et c’est dur de dire non quand tu vois qu’il manque du monde », souligne Jacob, précisant avoir toujours dit oui sans sentir de pression de son employeur.

Cet horaire bien rempli laissait donc peu de temps libre au jeune homme. Sa vie se limitait à l’école, au travail et à ses devoirs. Rapidement, sa batterie s’est déchargée.

Épuisé

« Je trouvais ça “rushant”. À la fin de chaque journée, fallait que j’aille dormir, j’avais hâte de me coucher, parce que j’étais brûlé. [...] Je réussissais à passer mes cours, même si c’était flush, mais je n’avais plus de temps libres et j’étais vraiment fatigué », se souvient-il.

Après un an et demi à tenter de garder la tête hors de l’eau et voyant l’importance de son année de 4e secondaire, Jacob Ringuette a pris la décision de rencontrer son employeur. 

« Il a vraiment été correct avec ça. Il veut vraiment qu’on fasse passer l’école avant le travail », explique Jacob, qui a diminué presque de moitié ses engagements, passant à une douzaine d’heures par semaine.

Et la mesure a eu l’effet escompté puisque ses résultats scolaires ont recommencé à grimper. 

« Ç’a réglé le gros du problème parce que mes notes sont revenues à ce que je voulais, à ce qu’elles étaient avant. Et je suis capable de garder cette moyenne-là », mentionne Jacob, qui a aussi plus de temps pour le reste. 

« J’ai du temps pour voir des amis, pour étudier, faire mes devoirs et en profiter à travers ça. Je ne suis plus jamais en retard et tout est bien fait. »