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La décennie politique en onze faits marquants

Libéraux, péquistes et caquistes auront chacun laissé leur marque à leur façon

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Changements de gouvernement, commissions spéciales, réformes : depuis 2010, plusieurs événements ont marqué la décennie en politique provinciale. Voici les moments forts des dix dernières années.  

2010 : Commission Bastarache   

« La partisanerie et la politique ont joué un rôle déterminant dans la nomination de trois juges. »   

- Marc Bellemare  

Michel Bastarache
Photo Jean-Francois Desgagnes
Michel Bastarache

La Commission d’enquête sur le processus de nomination des juges, présidée par Michel Bastarache, est lancée à la suite d’allégations de l’ancien ministre de la Justice Marc Bellemare. Il affirmait que des collecteurs du fonds libéraux ont influencé le choix de certains juges. On y découvre Chantal Landry, alias Mme Post-it, qui identifiait l’allégeance politique des candidats à la magistrature avec un autocollant. Le juge Bastarache écarte finalement la thèse de Bellemare, mais demande à Québec d’améliorer le processus de nomination des magistrats.    

2011 : Commission Charbonneau  

« Je n’ai pas lu le rapport en détail. »   

- Jean Charest  

France Charbonneau
Photo Chantal Poirier
France Charbonneau

Ce dernier admet ne pas avoir lu le rapport de l’ex-policier Jacques Duchesneau dévoilant les liens entre les firmes de génie et le financement des partis politiques. Après deux ans de pression, il cède et crée la Commission sur l’octroi et la gestion des contrats publics dans l’industrie de la construction, peu après la publication du rapport Duchesneau. France Charbonneau sera à la tête de cette Commission.   

2012 : La grève étudiante  

« On pourra leur offrir un emploi, dans le Nord autant que possible. »   

- Jean Charest, lors d’un discours au palais des congrès de Montréal  

Photo agence qmi, MAXIME DELAND

En annonçant une hausse importante des frais de scolarité, Jean Charest s’embourbe dans le plus long conflit étudiant de l’histoire du Canada. À Victoriaville (photo), la manifestation tourne à l’émeute. Le gouvernement utilisera ensuite une loi spéciale pour limiter les manifestations.   

2012 : Élection du gouvernement de Pauline Marois  

« Pour la première fois, le gouvernement du Québec sera dirigé par une femme. »   

- Pauline Marois  

Pauline Marois
Photo Chantal Poirier
Pauline Marois

Pauline Marois est élue à la tête d’un gouvernement péquiste minoritaire. La soirée électorale est toutefois assombrie par un attentat au Métropolis. Un homme armé fait feu et tue Denis Blanchette, un technicien de scène, et en blesse un autre, Dave Courage. Le tueur était motivé politiquement et il souhaitait abattre Mme Marois. Sur la photo, on voit la politicienne quitter la scène le soir du drame, le 4 septembre 2012.   

2013 : Charte des valeurs  

« Un jour, comme on le fait maintenant avec la loi 101, nous parlerons de la charte de la laïcité comme d’un grand geste [...] pour bien vivre ensemble. »   

- Pauline Marois  

Bernard Drainville
Photo JEAN-FRANCOIS DESGAGNES
Bernard Drainville

La charte de la laïcité va plus loin que le rapport Bouchard-Taylor et interdit le port de signe religieux par tous les employés de l’État. Le ministre Bernard Drainville est sur toutes les tribunes pour la défendre. Son gouvernement ne veut toutefois pas mettre de l’eau dans son vin et sans l’appui des partis d’oppositions, la charte de la laïcité ne sera jamais adoptée.   

2014 : Austérité libérale à Québec  

« Il n’y a pas d’austérité, c’est une vue de l’esprit. »   

- Philippe Couillard, premier ministre  

Philippe Couillard
Photo Simon Clark
Philippe Couillard

En 2014, le gouvernement libéral de Philippe Couillard prend le pouvoir et annonce une cure minceur pour l’État québécois. La croissance des dépenses est limitée à 1,4 % en 2014-2015 et à 1,1 % en 2015-2016. Le budget de l’Éducation va même diminuer légèrement, et les chaînes humaines autour des écoles font les manchettes. « L’austérité a fait mal », a résumé la protectrice du citoyen Raymonde Saint-Germain. Elle déplorait que les coupes « ont été moins éprouvantes pour la bureaucratie que pour les personnes vulnérables ».   

2014 : Le poing levé de PKP  

« Je m’engage au Parti québécois parce que j’ai la conviction extrêmement profonde de faire du Québec un pays. »   

- Pierre Karl Péladeau  

Pierre Karl Peladeau
Photo ANNIE T ROUSSEL
Pierre Karl Peladeau

C’est un tremblement de terre politique. Le milliardaire Pierre Karl Péladeau se lance en politique. Son poing levé et son désir de « faire du Québec un pays » marquent l’imaginaire. Pauline Marois perd toutefois ses élections et démissionne. Pierre Karl Péladeau lui succédera comme chef du PQ, mais quittera son poste en 2016 pour des raisons familiales.   

2015 : Réforme Barrette  

« Les citoyens n’en ont pas pour leur argent. Cette culture doit être transformée pour que le patient soit au centre des actions que l’on posera. »   

- Le ministre Gaétan Barrette  

Gaétan Barrette
Photo Simon Clark
Gaétan Barrette

Les fondations de cette réforme sont coulées avec les lois 10 et 20. La première donne tous les pouvoirs au ministre de la Santé : abolition d’agences, 1400 cadres congédiés, création des CISSS. Le projet de loi 20 force les omnipraticiens à prendre plus de patients. Dénoncée par les syndicats, la réforme Barrette n’a toutefois pas été modifiée par le nouveau gouvernement Legault. Les dispositions « bâtons » contre les médecins n’ont jamais été appliquées.   

2016 : Arrestation de Nathalie Normandeau  

« Ma vie est finie. »   

- Nathalie Normandeau, ancienne vice-première ministre du Québec, lors de son arrestation  

Nathalie Normandeau
Photo Simon Clark
Nathalie Normandeau

Le 17 mars 2016, Nathalie Normandeau est arrêtée à son domicile par l’UPAC, en même temps que six autres personnes. Parmi elles, l’ex-ministre libéral Marc-Yvan Côté. Elle est accusée de complot, de corruption et de fraude. Le même jour, le dépôt du budget Leitao est complètement éclipsé. Il faudra toutefois attendre cette nouvelle décennie avant de connaître l’issue du procès Normandeau.   

2018 : Élection du gouvernement Legault  

« Aujourd’hui, on a marqué l’histoire. »   

- François Legault  

Francois Legault
Photo Simon Clark
Francois Legault

C’est l’année de François Legault. Le vétéran politicien et sa CAQ éclipsent les « deux vieux partis » : le PLQ et le PQ mordent la poussière. Le Parti québécois termine à égalité avec Québec solidaire en dernière place. De son côté, le PLQ forme l’opposition officielle, mais est devenu un tiers parti chez les francophones et a terminé derrière Québec solidaire dans 43 circonscriptions. Pour la première fois depuis l’élection du gouvernement Johnson de l’Union nationale en 1966, un gouvernement qui n’est ni péquiste ni libéral prend le pouvoir.   

2019 : La loi sur la laïcité de l’État adoptée  

« Au cours de la dernière décennie, les gouvernements n’ont pas été en mesure d’avancer sur cet enjeu fondamental. Nous avons choisi d’élaborer une loi répondant à la volonté des Québécois. »   

- Le ministre Simon Jolin-Barrette  

Simon Jolin Barrette
Photo Simon Clark
Simon Jolin Barrette

Le gouvernement Legault adopte sous bâillon la loi sur la laïcité de l’État, qui interdit le port de signes religieux pour les policiers, les juges, les gardiens de prison et les enseignants. Le gouvernement Legault pensait avoir mis le couvercle sur la marmite, mais la loi est contestée devant les tribunaux, même si Québec a utilisé la clause dérogatoire.   

  

Qui sont les hommes et les femmes derrière nos politiciens? Emmanuelle présente... un balado animé par Emmanuelle Latraverse.

  

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