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«La prisonnière du diable» de Mireille Calmel: dans les flammes de l’enfer

Mireille Calmel
Photo courtoisie, Cathy Bistour

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Écrivaine de talent, branchée sur on ne sait quel canal invisible pour faire revivre des histoires anciennes, la Française Mireille Calmel propose cet automne un thriller médiéval qui plonge droit dans les flammes de l’enfer, La prisonnière du diable.  

Le livre commence en Égypte, en mai 1494, alors qu’une jeune femme observe une mystérieuse roue de pierre qui tourne depuis la nuit des temps, et qui s’apprête à lui révéler quelque chose de terrifiant. La roue légendaire, en effet, révèle le nom d’une personne qui devra mourir. 

Le récit se déplace ensuite à Utelle, sur les hauteurs de Nice, où le diable semble mener le bal. 

Deux héroïnes fortes se retrouvent dans cette histoire où la foi et la sorcellerie se côtoient : Hersande, l’herboriste et la révérende mère du sanctuaire de Notre-Dame, près du village d’Utelle, et Myriam, qui affronte courageusement le deuil de son mari. 

En recevant le message délivré par la roue maléfique, Hersande verra sa vie basculer d’un coup. 

«Il y a un rêve récurrent qui s’est imposé pendant plusieurs nuits et qui est devenu obsessionnel... j’avais toujours cette image de la roue qui tournait dans cette espèce de crypte, avec cette personne qui attendait», raconte Mireille Calmel, en entrevue. 

Petit à petit, les images sont devenues plus précises. «Je l’ai vue s’arrêter, j’ai vu le nom, la date, le lieu apparaître. À partir de là, j’ai commencé à me dire : qu’est-ce qui se passe ? Pourquoi ? Comment ? J’ai essayé de voir si on trouve une trace de cette roue, quelque part, dans l’Histoire.» 

Elle en a parlé à sa fille adoptive qui est ethno-scénologue. «Elle a beaucoup vécu en Inde et m’a dit qu’on parlait en Inde de la roue du temps et de la roue du destin, qui délivre un message : le nom, la date de la personne qui doit mourir, parce qu’elle est devenue prisonnière du mal.» 

Elle a ensuite appris qu’on retrouve ce mythe dans toutes les civilisations, depuis l’époque sumérienne. 

«J’avais un peu mon canevas. J’avais ce nom, cette date, ce lieu... et je suis allée à Utelle. J’ai cherché dans les archives pour trouver ce qui s’était passé.» 

Découvertes 

D’autres images de personnages sont arrivées dans la foulée : Myriam, le Baron, un tailleur de pierre. En se rendant à Utelle, quantité de découvertes l’attendaient.  

Dans le cadre de cette histoire, il y a 90 % de vérité historique, assure-t-elle. «Le village a très peu changé depuis sa reconstruction. C’était quand même troublant... Monter à la Madone d’Utelle, ça m’a fait exactement la même chose : le prieuré, aujourd’hui, est à peine différent de ce qu’il était à l’époque.» 

Mireille Calmel rappelle que les croyances religieuses étaient au cœur des préoccupations des gens, à l’époque. 

« C’était extrêmement puissant. L’imprégnation de l’Église sur la vie des gens était très forte. Elle avait la mainmise sur les consciences. Il fallait chasser le merveilleux, donc le côté païen. »  

Héroïne universelle 

La romancière a trouvé que Myriam, l’une des héroïnes du livre, traverse des épreuves qui dépassent largement le cadre du Moyen-Âge. 

«Elle va de surprise en surprise et doit gérer sa propre existence, comme n’importe quelle femme d’aujourd’hui qui est sous pression.» 

«Elle est veuve, il faut qu’elle fasse manger ses enfants, qu’elle paie ses crédits. Quand j’ai travaillé sur elle, je me suis rendu compte à quel point les préoccupations qu’elle avait ont pu même être les miennes, à une certaine époque.»  

  • Mireille Calmel a écrit de nombreux romans à succès, dont Le lit d’Aliénor et plusieurs séries historiques : La fille des Templiers, Le bal des Louves, Les Lionnes de Venise, Lady Pirate
  • Elle habite dans le Médoc.  

EXTRAIT 

La prisonnière du diable, Mireille Calmel, XO Éditions, 416 pages
Photo courtoisie
La prisonnière du diable, Mireille Calmel, XO Éditions, 416 pages

«La clochette de la porte retentit, faisant sursauter Élise qui s’activait de l’autre côté de la cloison. D’ordinaire, à cette heure, les habitués de l’auberge étaient encore à leurs travaux, la plupart d’entre eux œuvrant à la réfection de l’église. Il ne pouvait donc s’agir que d’un voyageur tardif. 

- Pouvez-vous enfourner, Patrice, demanda-t-elle au second cuisinier de son père en lui tendant la tourte qu’elle venait d’achever. 

Le rouquin, d’une trentaine d’années, la débarrassa dans un sourire.» 

— Mireille Calmel, La prisonnière du diable, XO Éditions