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Hong Kong: mouvement prodémocratie, vous dites?

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Photo AFP

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L’illusion démocratique dans un paradis fiscal 

Comme bien des colonies ou ex-colonies anglaises, Hong Kong, rétrocédé à la Chine comme il se doit en 1997, doit sa réussite économique au seul fait d'avoir toujours été un puissant paradis fiscal. Et qui dit paradis fiscal dit évidemment évasion fiscale, criminalité économique, blanchiment d’argent, sévère concentration de la richesse, mainmise politique des «financiers» étrangers, etc. 

Depuis quelque temps, les organismes de presse occidentaux (Agence France Presse et Reuters) nous inondent quotidiennement de nouvelles émanant de ce paradis fiscal et nous montrent des milliers de courageuses personnes qui se battent pour la «démocratie» ainsi que pour limiter le pouvoir d’intervention de la méchante Chine sur leur île vertueuse. En vérité, ils se démènent plus pour leurs privilèges venant du fait que Hong Kong est un centre financier mondial. Voyons donc! Dans les faits, il n’y a pas de véritable démocratie – soit l’élection, par le peuple, de son propre gouvernement – dans l'un ou l'autre des paradis fiscaux que sont les îles Caïmans, les îles Turks et Caicos, les îles Vierges, les Bahamas, etc. Dans les paradis fiscaux, ce sont les oligarques locaux et étrangers ainsi que leurs représentants qui gouvernent, un point c’est tout. Il faut donc en rire, de ces beaux titres d’articles de journaux qui nous montrent ces braves gens luttant pour les principes démocratiques les plus nobles. À Hong Kong, on observe de phénoménales inégalités économiques, le gros de la richesse appartenant à quelques individus et entreprises. Je suppose que c’est la «démocratie» qui veut ça? Bien des gens savent que c’est de la frime, mais ils font semblant.  

Manifestations autorisées et organismes humanitaires 

La propagande est aussi présente dans les pays occidentaux que dans les pays socialistes. Et la presse occidentale est aussi biaisée que la presse des pays socialistes en ce qui a trait à la couverture et à l’interprétation des événements internationaux. Ceux qui prétendent le contraire ne sont tout simplement pas sérieux.  

C’est drôle que la Chine, un pays que l'on dit si répressif, autorise quand même ces manifestations «pro-liberté». Dans beaucoup de pays «amis» des Occidentaux, comme l’Égypte, l’Arabie saoudite, le Myanmar, le Koweït, etc., les manifestations, de quelque nature qu'elles soient, sont interdites et réprimées par la force et par la prison. Les États-Unis, le Canada et d’autres sont plus tolérants et plus discrets en ce qui concerne ces pays, vous ne trouvez pas? 

Ils font aussi plus «profil bas», disons... Pour bien des pays occidentaux, des gens qui manifestent dans ces pays pourtant totalitaires sont plutôt des terroristes. Tout de même bizarre. Trump n’a-t-il pas classé parmi les groupes terroristes les Frères musulmans en Égypte et les Palestiniens qui résistent à l’invasion israélienne? 

Ah, oui! Comme dans plusieurs pays où il y a des héros qui se démènent pour la liberté et la démocratie, et qui sont appuyés par certains pays occidentaux, on s’empresse toujours de créer des organismes humanitaires dirigés de l’étranger avec des noms très fraternels, comme on l’a fait à Hong Kong avec le Front civil des droits de l’homme (FCDH), qui se définit comme une organisation non violente. Que c’est beau! On a fait de même en Irak, en Syrie, au Venezuela, etc. Le FCDH est un organisme humanitaire qui ne fait pas du tout dans la propagande, qu’ils nous disent. Et financé par qui? Voilà la question qui tue.  

Alors, je m’interroge légitimement quand je vois, en première page dans nos médias d’information, de gros titres comme: «Hong Kong. Fin de semaine cruciale pour le mouvement prodémocratie?» ou: «Chaos à Hong Kong. Un manifestant a été blessé par balle par un policier et un homme transformé en torche humaine [par qui?]» 

On dit bien «un manifestant blessé», alors qu'ailleurs, il y a de nombreux blessés et de nombreux morts sans que ça fasse le titre d’un article de journal, même pas d’un encadré.  

Parlant de vraie liberté en Chine et ailleurs 

La liberté ne se résume pas à aller voter tous les quatre ans pour des partis politiques qui se ressemblent. Ben oui, aux États-Unis, les démocrates et les républicains règnent depuis toujours. Pour moi, ça ressemble beaucoup à «du pareil au même». Un pays «démocratique» où ces deux partis sont financés à coups de milliards de dollars par des entreprises et des nantis grâce à la présence des PAC (political action committees). Très démocratique, de lier l’élection à l’argent ramassé.  

Depuis environ 40 ans, la Chine, dite communiste, a sorti de la pauvreté des millions de personnes grâce à son fulgurant développement économique. L’espérance de vie des Chinois a fait un bond de 35 ans. Elle est maintenant de 72 ans (Le Devoir, 6 décembre 2019). Ça signifie que les Chinois mangent à leur faim et qu’ils ont mis en place un bon système de santé publique. Pourquoi ne parle-t-on pratiquement jamais de ces faits? Pourquoi toujours nous répéter que les Chinois font dans l’espionnage et l’ingérence politique? 

J’en ai trouvé une autre bonne dans Le Devoir du 6 décembre 2019 . Un article d'Éric Desrosiers sur l'évaluation, par l’Organisation de coopération et de développement économiques (OCDE), des systèmes d’éducation de 79 pays. Eh bien, devinez qui arrive au premier rang en lecture et en mathématiques? L’éducation, la santé et l’espérance de vie sont les vraies mesures de la liberté et, à ce chapitre, la Chine et Cuba obtiennent des résultats exceptionnels.  

Alors, pourquoi ne pas accorder plus de couverture médiatique à ça? Pourquoi préférer taper toujours sur les mêmes clous? Comment un illettré peut-il devenir libre et prétendre vivre dans un pays démocratique?