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Rachid Badouri au sommet de son art

Son spectacle Les fleurs du tapis propose des sujets plus personnels

L’humoriste de 43 ans consacre la première partie du spectacle aux préjugés envers les ethnies.
Photo Agence QMI, Simon Clark L’humoriste de 43 ans consacre la première partie du spectacle aux préjugés envers les ethnies.

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Dans une forme dangereuse, Rachid Badouri a effectué mercredi, à la Salle Albert-Rousseau, son retour officiel sur les scènes québécoises après plusieurs années d’absence. L’humoriste de 43 ans, qui offre un véritable tour de force physique avec ce troisième spectacle, se montre au sommet de son art.  

Au terme de cette première médiatique réussie, Rachid Badouri a été surpris par son équipe et sa famille, réunies sur scène pour lui remettre un billet d’or pour ses 62 500 billets vendus de ce one-man-show, dont la tournée s’entame après une soixantaine de spectacles de rodage. 

L’humoriste de 43 ans consacre la première partie du spectacle aux préjugés envers les ethnies.
Photo Agence QMI, Simon Clark

Avec ce spectacle, il souhaitait montrer un côté sombre de sa personnalité que le public, jusqu’à ce jour, n’avait pas connu.  

Même si les thèmes de l’humilité, de la reconnaissance et du respect sont récurrents, ce n’est pas le spectacle en entier qui s’articule autour de son ancienne vie de «péteux de coche par excellence».  

C’est seulement en fin de parcours qu’il aborde de front cette période où il était un être «insupportable». Dans un courageux et formidable exercice d’autodérision qui s’avère aussi comique que profondément touchant, il raconte comment le succès lui est monté à la tête très rapidement, et tous les déboires qu’il a fait vivre à son équipe.  

Mais lorsqu’il a évoqué avoir passé près de perdre sa femme, l’humoriste a craqué sur scène après un long moment de silence. Sa prise de conscience, bien sincère, nous sert une belle leçon de vie, et de voir sa famille et son équipe l’honorer à la fin de la soirée était fort symbolique.  

L’humoriste de 43 ans consacre la première partie du spectacle aux préjugés envers les ethnies.
Photo Agence QMI, Simon Clark

Un jeu physique intense   

Les fleurs du tapis est un brillant spectacle script-édité par Laurent Paquin, dont on décèle la présence dans le fignolage des textes.   

L’humoriste maîtrise et exploite son jeu physique, sa marque de commerce, mieux que jamais. Il nous gâte avec des imitations en abondance, que ce soit Sylvie de Sainte-Foy, Pedro, le serveur de Cayo Coco, Louis-José Houde, Papa Badouri ou même son bébé âgé de 17 secondes. Ses ingénieuses mimiques imagent chacun des gags.  

L’humoriste de 43 ans consacre la première partie du spectacle aux préjugés envers les ethnies.
Photo Agence QMI, Simon Clark

L’humoriste de 43 ans consacre la première partie du spectacle aux préjugés envers les ethnies, dont la sienne, lui qui se fait le porte-étendard de la culture arabe au Québec, en perpétuelle «campagne de séduction depuis le 11 septembre».  

Il reproche entre autres aux gens de mettre toutes les races dans le même panier. «Comme dirait mon chum Mike Ward, c’est toute la même marde. Les Arabes, les Noirs, et les handicapés qui chantent», lance-t-il.  

L’humoriste de 43 ans consacre la première partie du spectacle aux préjugés envers les ethnies.
Photo Agence QMI, Simon Clark

Hommage à sa femme  

Toujours sur une note personnelle, il rend hommage à sa femme, une éducatrice spécialisée qui travaille avec des gens qui ont des troubles de comportement. «Je suis son premier projet», dit-il.  

L’humoriste de 43 ans consacre la première partie du spectacle aux préjugés envers les ethnies.
Photo Agence QMI, Simon Clark

Après avoir raconté l’accouchement de cette dernière à un public hilare, il a confié regretter avoir passé les premières années de sa fille sur la route en France, a avoué son anxiété face «aux loups» qui vont l’approcher dans le futur, confiant même que c’est le coach de Georges St-Pierre qui lui enseigne les arts martiaux. «Si ma fille va en prison parce qu’elle a tué son agresseur, je vais lui faire des biscuits Pillsbury chaque jour», a-t-il lancé juste avant un numéro dérisoire sur ses problèmes de santé.  


► Rachid Badouri est en spectacle à la Salle Albert-Rousseau jusqu’au 11 janvier et sera en supplémentaire du 7 au 9 mai 2020.