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Elle ouvre sa propre galerie d'art à 23 ans dans le Vieux-Québec

Amélie Anne Gagné a ouvert sa galerie d’art dans le Vieux-Québec en décembre

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Elle se targue d’être la plus jeune galeriste au Québec. Et elle a probablement raison. À 23 ans seulement, Amélie Anne Gagné a réalisé le rêve de sa vie d’ouvrir sa propre galerie d’art au cœur du Vieux-Québec, il y a quelques semaines.  

À cause de son jeune âge, Amélie Anne Gagné avait peur de ne pas être prise au sérieux, autant par les artistes qu’elle approche que par les collectionneurs qui croient qu’elle est une simple employée.

Amélie Anne Gagné a investi temps et argent pour avoir sa propre galerie, à 23 ans seulement.
Photo Jean-François Desgagnés
Amélie Anne Gagné a investi temps et argent pour avoir sa propre galerie, à 23 ans seulement.

«J’avais beaucoup de doutes par rapport à ça», confie-t-elle au Journal.   

Mais quand on entre à la galerie et qu’on prend la peine de lui jaser, les préjugés se dissipent rapidement. L’accueil est chaleureux, la jeune femme est allumée, éloquente, volubile, connaît l’art et a une fibre entrepreneuriale évidente.    

Elle-même artiste peintre, elle possède un baccalauréat en arts visuels de l’Université Laval, a suivi des formations avec de grands maîtres québécois, ainsi qu’une formation professionnelle en vente et gestion.   

Mais, plus encore, elle est la fille de Nathalie Chiasson, une artiste peintre de Québec renommée, et représentée par une vingtaine de galeries partout au Canada.    

«Depuis que je suis toute petite que je vais dans les galeries d’art, dans les vernissages, raconte-t-elle. Ma mère nous traînait partout mon frère et moi. C’est comme ça que j’ai connu le monde des galeries, les agences artistiques, les peintres aussi. C’est un gros avantage. Sans ça, je ne pense pas que j’aurais pu me lancer là-dedans.»    

Un mur complet est consacré aux œuvres urbaines du pionnier Humberto Pinochet.
Photo Jean-François Desgagnés
Un mur complet est consacré aux œuvres urbaines du pionnier Humberto Pinochet.

L’emplacement idéal  

Le projet de galerie a commencé à germer dans sa tête il y a deux ans, lors d’un voyage en Californie avec sa mère où elle a fait le circuit des galeries. «Ils ont complètement un autre style, dit-elle. Les galeries représentent moins d’artistes, c’est plus épuré, plus contemporain. C’est un peu cette atmosphère qu’on voulait apporter ici.»   

En marchant dans le Vieux-Québec en septembre dernier, elle voit l’affiche à louer dans la vitre du 79, rue du Sault-au-Matelot. Le local a été occupé pendant 30 ans par Guy Lévesque, créateur de masques de cuir pour le Cirque du Soleil, entre autres.   

Amélie Anne Gagné était consciente de la rareté des locaux à louer dans le coin, d’autant plus qu’avec ses murs de briques et ses poutres de bois, l’endroit a un cachet extraordinaire. Elle a contracté un prêt personnel, fait des rénovations, aidée par son frère charpentier et même par sa grand-mère, qui lui a donné un coup de main avec la confection de coussins.   

«Ç’a été une belle histoire de famille, d’entraide», laisse-t-elle tomber, reconnaissante.   

La jeune femme représente une dizaine d’artistes.
Photo Jean-François Desgagnés
La jeune femme représente une dizaine d’artistes.

Une dizaine d’artistes  

La jeune femme expose une dizaine d’artistes sur ses murs. Elle a d’abord convaincu sa mère de quitter la galerie qui la représentait à Québec depuis 20 ans. Il s’agit d’une artiste majeure ayant déjà une clientèle solide à l’international grâce à ses toiles de bouteilles de vin, bières et autres cocktails.    

Sinon, on retrouve les peintures d’animaux sur bois de Lise Racine, les toiles colorées d’Andréa Marquis, les abstraits de Claudia Campbell, et le pionnier Humberto Pinochet, un autre poids lourd réputé grâce à ses scènes urbaines. Les sculpteurs Mario Carrier, Denis Douville et Julie Lambert ont également une place importante.    

Amélie Anne Gagné a aussi fait une petite place à quatre de ses œuvres. Passionnée par l’histoire des premières civilisations humaines, son art est un mélange fort original entre les personnages antiques, la sérigraphie, la peinture à l’acrylique et même la sculpture.   

Si elle voulait créer un environnement à son image, chaleureux et vivant, c’est pleinement réussi.    

► La Galerie d’art L’Esprit Créatif est située au 79, rue du Sault-au-Matelot.