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2020 : année de changements

Quelques vœux pour chacun des partis politiques qui changeront de chef cette année.

2020 : année de changements
Marc DesRosiers

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Les débuts d’année sont souvent des moments tout indiqués pour prendre des résolutions. Pour plusieurs, ces résolutions visent avant tout à changer les choses dans leur vie. 

C’est certainement le cas pour les partis politiques qui entament des courses à la chefferie. 

Quelques vœux pour chacun d’eux

Au Parti vert, on souhaite certainement de trouver un chef qui saura porter les idéaux environnementalistes du parti avec charisme, conviction et réalisme.  

Elizabeth May a dirigé le parti de 2006 à 2 019 en affrontant bien des vents contraires et elle quitte avec le plus grand nombre de députés verts jamais élus. Par contre, sa personnalité sympathique et son image maternelle n’auront pas suffi à sortir le Parti vert des notes de bas de page.  

Le prochain chef de verts devra insuffler un peu de bon sens dans le programme de son parti s’il souhaite convaincre un plus grand nombre d’électeurs que son parti n’est pas uniquement un groupe de militants rêveurs, tout droit sortis du flower power des années 70’. 

Au Parti québécois, on souhaite une course dépourvue de déchirements et une redéfinition de sa raison d’être. Les péquistes disent eux-mêmes qu’ils sont passés maîtres dans l’art de s’entre-tuer et de manger leurs chefs. S’ils espèrent que leur parti survive à cette crise identitaire, ils devront serrer les rangs plutôt que de s’entre-détruire.  

Laissé loin derrière par la CAQ dans la course à celui qui attisera le plus la flamme du nationalisme identitaire, le PQ ne peut plus s’approprier les couleurs et le vocabulaire de la souveraineté sans opposition. Les candidats à la chefferie n’auront pas la tâche facile pour séduire les militants qui s’attachent de plus en plus à Pascal Bérubé. Celui-ci doit tout de même un peu regretter de ne pas s’être lancé dans la course, il fait en ce moment excellente figure. 

Au Parti libéral du Québec, on souhaite, d’abord et avant tout, qu’il y en ait une course, justement. Un mois et demi après le Conseil général qui marquait le déclenchement «officiel» de la course, seulement deux candidats se sont avancés sur les rangs. Pour le PLQ, la liste des candidats qui ont refusé de se présenter dépasse largement celle de ceux qui ont choisi de sauter dans l’arène.  

Même si dans les rangs libéraux les jeux sont loin d’être faits, les aspirants chefs encore discrets auraient tout intérêt à se manifester rapidement. Dominique Anglade «travaille le terrain» depuis si longtemps qu’il devient de plus en plus difficile pour un autre candidat de croire en ses propres chances. En ratant sa première sortie publique et en disparaissant tout de suite après, Alexandre Cusson n’a fait que monter les attentes envers lui. Les militants comme les observateurs l’attendent désormais avec une brique et un fanal. S’il espère sauver la mise, il devra faire un sans faute lors de sa prochaine sortie devant les caméras et son programme politique ne pourra plus sentir l’improvisation.  

Contrairement aux péquistes, les libéraux piaffent d’impatience à changer de chef. Pierre Arcand n’impressionne ni par son charisme ni par son leadership. Le PLQ vit certains de ses moments les plus sombres et on dirait que son propre chef attend patiemment le rappel au concert de l’orchestre du Titanic. 

Au Parti conservateur, on souhaite sincèrement que Jean Charest fasse le grand saut. Si rien n’est moins certain que l’issue d’une campagne à la chefferie, la participation de Jean Charest promettrait au minimum que la course soit enlevante. À ceux qui pensent que les Québécois ne voteront plus jamais pour Jean Charest, détrompez-vous. L’ancien premier ministre peut toujours compter sur des appuis beaucoup plus solides qu’il n’y paraît. 

À ceux qui pensent que la course se fera uniquement en terre albertaine, n’oubliez surtout pas que l’Alberta est déjà acquise aux conservateurs. S’ils veulent ravir le pouvoir à Justin Trudeau, c’est au Québec et à l’Ontario qu’ils doivent maintenant plaire. Les militants ne cherchent pas qu’un chef, ils cherchent surtout quelqu’un qui pourra leur livrer la victoire. 

Enfin, à ceux qui pensent que monsieur Charest n’a aucune chance, méfiez-vous. Jean Charest est une bête politique comme il ne s’en fait plus, un «campaigner» infatigable et un «debater» redoutable. Celles et ceux qui prédisent sa défaite ne font qu’attiser son appétit pour la victoire. Séducteur, rassembleur et mobilisateur, il pourrait très bien finir par vous surprendre!