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Dépolitiser le tramway

Tramway
Photo d’archives, Ville de Québec

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Fort d’un appui politique unanime tant au fédéral qu’au provincial, et d’un financement bouclé l’an dernier, le tramway de Québec doit maintenant bénéficier d’un fort soutien d’ambassadeurs du milieu.

Avec le lancement de J’ai ma passe, de nombreuses personnalités d’affaires de Québec sont venues dire d’une même voix qu’elles appuyaient le projet. Depuis, c’est le silence radio, ou à peu près.

Or, pour faire écho aux détracteurs du projet – qui se basent trop souvent sur de fausses prémisses et véhiculent un paquet de mythes ou de vieilles idées dépassées –, les supporteurs du tramway doivent être plus visibles en 2020. Ils doivent se faire entendre et rappeler les avantages du projet.

En entrevue éditoriale avec Le Journal de Québec, avant les Fêtes, le maire Régis Labeaume paraissait très zen par rapport au projet. Il a l’intention d’aller à la rencontre des citoyens, et n’a aucunement l’intention de reculer. «Il faut être courageux. Si on est pour s’énerver à la première pétition, on est aussi bien de retourner chez nous», a-t-il martelé.

Clairement, le maire doit continuer à défendre et à promouvoir le projet, surtout que son bras droit, Rémy Normand, a fait très piètre figure en la matière jusqu’à maintenant.

Plus qu’une «bebelle»

Néanmoins, il faut plus. Le tramway ne doit pas représenter la «bebelle à Labeaume», ce qu’il n’est pas du tout dans les faits. Il ne doit pas devenir le projet auquel on s’oppose parce qu’on s’oppose au maire, ou vice-versa. Il faut se rappeler pourquoi on fait ce projet très positif.

La population de Québec doit donc se l’approprier, et en être fière, d’autant plus que les gouvernements supérieurs ont choisi d’y adhérer en y injectant 1,8 milliard (Québec) et 1,2 milliard (Ottawa) de fonds destinés à des projets de transport en commun. En l’absence d’un projet à Québec, ces sommes auraient été investies dans d’autres villes, à leur plus grand bénéfice.

On ne s’empêche pas de rénover une maison parce qu’on sait qu’il faudra vivre dans les travaux pendant des mois. C’est exactement le même principe avec un réseau de transport structurant, excepté qu’il s’agit en prime d’un projet de société inspirant.

Ce sentiment de fierté doit être d’autant plus fort qu’il y aura des désagréments pendant la construction. La très forte adhésion sociale doit être solidement ancrée d’ici cette étape nécessaire. La bougie d’allumage ne doit assurément pas passer uniquement par le maire. Il faut voir plus grand et plus large.

Occasion de développement

On l’oublie souvent, mais un système de transport structurant s’avère aussi un formidable outil d’aménagement du territoire. C’est une occasion rêvée pour Québec non seulement d’améliorer l’offre de mobilité, mais aussi de se développer dans le bon sens.

Sur le site du réseau structurant, on peut trouver quelques capsules d’ambassadeurs : Sophie D’Amours, rectrice de l’Université Laval, le créateur Robert Lepage et quelques autres. Mais il en faut encore beaucoup plus.

Où sont les athlètes de la région de Québec? Les professeurs? Les chercheurs? Les étudiants? Les jeunes? Les aînés? Les travailleurs?

Il serait temps que le bureau de projet et la Ville se réveillent là-dessus.