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Normandeau: des délais déraisonnables

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Est-ce que Nathalie Normandeau a raison d’invoquer des délais déraisonnables pour que soient abandonnées les accusations qui pèsent sur elle depuis bientôt quatre ans? Absolument. 

C’est toujours avec une certaine prudence que j’aborde ce sujet. Après tout, j’ai travaillé pendant plus de trois années pour l’ex-vice-première ministre, de 2005 à 2008, à titre d’attaché de presse. 

Ce faisant, et ce, même si je n’étais pas impliqué dans le financement politique et l’octroi de contrats de par mes responsabilités, je fais partie de la longue liste de témoins potentiels. C’est d’ailleurs pour cela que je n’ai pas le droit de lui parler et que j’évite de m’exprimer publiquement sur le fond du dossier. Mais cela ne m’empêche pas de discuter de la forme. 

Jordan 

Au mois de décembre 2017, l’arrêt Jordan avait été évoqué une première fois par les avocats des coaccusés dans cette cause. À cette époque, j’avais publié une chronique qui s’intitulait «Le procès Normandeau doit se tenir». 

J’arguais alors qu’il était préférable pour mon ancienne patronne d’obtenir un verdict de non-culpabilité, plutôt que de risquer de vivre avec un éternel nuage de suspicion au-dessus de sa tête. 

Mais c’était il y a deux ans. C’était avant que madame Normandeau multiplie les démarches pour accélérer le processus et que le procès débute. Avant que Robert Lafrenière prenne la poudre d’escampette. Avant que cinq des huit accusations la visant soient abandonnées. Avant que la réputation de l’UPAC croule. 

1392 

Ce chiffre, c’est le nombre de jours qui se sont écoulés depuis l’arrestation de Nathalie Normandeau. C’est le nombre de jours qu’elle a passés à vivre avec le jugement du public, sans qu’elle puisse se défendre ou se faire entendre. 

Dans une société de droit, ces délais sont tout autant inexcusables qu’inacceptables. C’est pourquoi il est désormais difficile de ne pas comprendre et appuyer la démarche de madame Normandeau.