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Un jeune schizophrène accusé du viol d’une pure inconnue

Il aurait commis son crime pendant une période de grâce accordée par un juge

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Un jeune schizophrène en attente de savoir s’il serait interné à la suite d’un crime aurait profité du fait qu’un juge lui a permis de passer les Fêtes avec sa famille pour violer sauvagement une pure inconnue le week-end dernier à Montréal. 

« Cette journée-là, il était complètement désorganisé, il avait cuisiné une dizaine de fois sans rien manger, il jetait tout, il marchait dans l’appartement et [il] parlait tout seul, [il] réorganisait les cadres et les miroirs sans cesse, j’étais très inquiète », a confié au Journal la mère d’Emanuel Mathurin, dont nous tairons l’identité. 

Celle-ci était dévastée par l’horrible geste qu’on reproche à son fils de 20 ans. 

Il était environ 19 h, vendredi, lorsqu’une jeune agente de marketing qui effectuait du porte-à-porte pour Bell a été maîtrisée de force par un homme, à l’angle de l’avenue Gonthier et de la rue de Marseille, dans le quartier Tétreaultville. 

Mathurin l’aurait violée à la pointe d’une arme indéterminée. Pendant l’agression, la jeune femme dans la vingtaine a néanmoins réussi à composer le 911. 

À peu près au même moment, un voisin témoin de l’horrible scène a lui aussi contacté les autorités. 

À l’arrivée des policiers, le suspect a pris la fuite en courant. Il a toutefois été rapidement rattrapé lors d’une poursuite à pied. La jeune femme a été conduite à l’hôpital pour traiter des blessures dont la nature n’a pas été spécifiée. 

Morte d’inquiétude 

Pendant ce temps, dans le petit appartement familial de la rue Sherbrooke Est, la mère du violeur allégué était morte d’inquiétude. 

Plus tôt ce jour-là, lorsqu’elle a constaté le piètre état mental dans lequel se trouvait son fils, elle a mentionné vouloir l’amener à l’hôpital. Emanuel Mathurin aurait refusé catégoriquement, avant de s’enfuir en courant. Sa mère n’a eu de ses nouvelles que le samedi matin, lorsqu’elle a appelé la police afin de rapporter sa disparition. 

« Les policiers m’ont dit qu’ils le détenaient parce qu’il avait commis un crime », a-t-elle raconté, les yeux dans l’eau. 

Lundi, le jeune homme de 20 ans a été amené devant le juge, au palais de justice de Montréal, où plusieurs accusations ont été déposées contre lui, soit agression sexuelle armée, agression sexuelle infligeant des lésions, voies de fait armées, voies de fait causant des lésions, voies de fait par étouffement, enlèvement et séquestration. 

Ce n’était toutefois pas la première fois qu’Emanuel Mathurin avait affaire à la police, puisqu’il a été arrêté à la fin avril pour voyeurisme après un incident où il était entré dans une salle de bain publique pour femmes. 

Or, considérant son état mental et son diagnostic de schizophrénie, un juge l’avait reconnu inapte à subir un procès le 19 décembre dernier. 

Traitement forcé 

Lors de cette audience, le juge David Simon lui avait donné rendez-vous le 10 janvier afin de déterminer si un traitement forcé en psychiatrie lui serait imposé, en ajoutant vouloir « s’assurer que monsieur puisse minimalement passer les Fêtes à la maison ». 

C’est finalement pendant cette période de grâce, à peine deux semaines plus tard, qu’Emanuel Mathurin aurait fui sa résidence pour aller commettre un ignoble crime. 

Lundi, la juge Suzanne Costom a ordonné une nouvelle évaluation de son aptitude à subir un procès. 

Il reviendra devant le tribunal lundi prochain.