/sports/opinion/columnists
Navigation

Choisir une autre option

Canadiens c Oilers
Photo Pierre-Paul Poulin Le Canadien devra prendre une décision concernant ses joueurs qui, à l’instar de Brendan Gallagher, écouleront la dernière année de leur contrat en 2020-2021.

Coup d'oeil sur cet article

Le Canadien doit-il être vendeur ou acheteur ? Faire parvenir son inscription pour le derby Alexis Lafrenière ?

Échanger des vétérans qui, selon les résultats de la présente saison, n’ont exercé aucun impact sur l’équipe. Du moins, des vétérans qui n’ont pas répondu aux attentes.

Reconsidérer l’embauche de joueurs qui écoulent la dernière année de leur contrat. S’arrêter aux décisions à prendre dans le dossier de quatre patineurs qui disputeront la dernière année de leur entente l’an prochain. Je pense à Brendan Gallagher, Phillip Danault, Jeff Petry et Tomas Tatar.

Cette relève, que l’on dit encourageante pour les prochaines saisons, va-t-elle confirmer les projections ? Quand une équipe s’enfonce dans la médiocrité, les questions sont nombreuses. Plus que jamais, les décisions prises par Marc Bergevin sont remises en question. Comment un directeur général peut-il réussir à éviter le pire alors que son équipe devrait rater les séries éliminatoires pour la troisième saison d’affilée et pour la quatrième fois au cours des cinq dernières années ?

26 victoires

Plus que jamais, le travail de Claude Julien soulève des interrogations. Comment un entraîneur peut-il passer à travers deux séquences de huit défaites en l’espace de deux mois et demeurer en poste ?  

Cependant, dans le contexte, des changements administratifs apporteraient-ils des solutions pour sauver la saison ?

On peut en douter.

La réalité indique que le Canadien devra gagner au moins 26 de ses 37 derniers matchs pour espérer atteindre le total de 96 points, et encore, est-ce que ce sera suffisant pour une qualification pour les séries éliminatoires ?

Vous y pensez un instant : 26 ou 27 victoires sur 37. Les meilleures équipes de la Ligue nationale auraient du mal à conserver une telle fiche. Il n’y a guère de marge d’erreur.

Par conséquent, il ne faut donc pas rêver en couleurs.

Comment expliquer la présente situation  chez le Canadien ?

On peut toujours regarder du côté de l’infirmerie, où il y a congestion, pour justifier cette véritable culbute. Par contre, on pourrait citer en exemple les Penguins de Pittsburgh. Pourquoi eux ont-ils tenu le coup jusqu’ici ? Un gardien, Tristan Jarry, au sommet de son art. Un adjoint qui a gagné deux coupes Stanley ces récentes années, Matt Murray. Une équipe disciplinée et des joueurs comme Evgeni Malkin qui peuvent changer la tournure des événements.

Chez le Canadien, y a-t-il un joueur capable de faire la différence aux moments opportuns, avec un but faisant grimacer l’adversaire ? La réponse est non. Voilà pourquoi cette équipe a subi 18 défaites par la marge d’un but.

Vacances hâtives

L’an dernier, malgré une exclusion des séries, les décideurs du Tricolore ont-ils eu raison de laisser le rêve influencer leur gestion ? Peut-être, après tout, une récolte de 96 points permettait-elle de voir de la lumière au bout du tunnel. Cependant, le Canadien n’avait pas eu à composer avec les blessures. Plusieurs joueurs avaient donné des résultats étonnants, des résultats dépassant les attentes.  

Cette saison, ce n’est pas le cas.

La saison est perdue... autant prendre les grands moyens pour obtenir ce que le système propose aux équipes qui rateront les séries éliminatoires : la possibilité d’embaucher quelques bons jeunes patineurs.

Et il faudra bien un jour en arriver à informer les amateurs, les détenteurs d’abonnements, qu’il faut prendre une nouvelle direction, celle la plus logique. Un virage complet.

Comme l’ont fait les Rangers de New York et les Maple Leafs de Toronto par exemple.

Rebâtir avec les jeunes patineurs de l’organisation, échanger quelques vétérans dans le but d’obtenir des effectifs qui cadreront avec le programme de relance.  

Les Rangers évoluent dans le marché le plus compétitif en Amérique du Nord. Ils ont choisi l’option de faire le grand ménage. Ils ont consulté Henrik Lundqvist.

« Intéressé à embarquer dans ce programme ? »

Oui, a répondu le gardien. Carey Price serait-il intéressé ? Et Shea Weber ? Les propriétaires des Rangers ont embauché John Davidson en lui confiant le rôle de président des opérations hockey. Ils ont ensuite mis l’accent sur le recrutement. Et le marché des joueurs autonomes sans restriction leur a fourni l’opportunité de progresser plus rapidement avec l’acquisition d’Artemi Panarin. Ils ont aussi procédé à des transferts importants sur le plan des effectifs, notamment les départs de Ryan McDonaugh, de Matt Zuccarello, et possiblement de Chris Kreider dans quelques semaines.

Chez le Canadien, on a déjà entamé un programme de rajeunissement. Mais il faut se poser une question : quand Nick Suzuki, Jesperi Kotkaniemi et Ryan Poehling atteindront un certain niveau d’excellence, si jamais ça se concrétise, Weber et Price sauront-ils encore exercer un impact majeur ? 

Le parcours

Les Rangers ont emprunté le même parcours que les Maple Leafs. Brendan Shanahan est le trait d’union entre la formation torontoise et les propriétaires. Les Leafs ont été vigilants dans leur recrutement. Ils ont profité des opportunités pour ajouter Auston Matthews et Mitch Marner, les deux piliers en attaque.

Le succès ne viendra pas du jour au lendemain. Ça va demander un certain temps. Mais n’est-ce pas une solution à envisager pour le CH ?

Après tout, n’a-t-il pas fait chou blanc avec les plans proposés jusqu’ici ?

Gallagher, un risque

Brendan Gallagher souffrait de maux de tête, hier matin. Il ne participera pas au match de ce soir contre les Sénateurs à Ottawa.

Claude Julien a souligné que l’on ne savait pas si l’ailier droit souffrait d’un virus ou encore des conséquences de cette commotion cérébrale qui l’a tenu à l’écart du jeu pendant quelques matchs.

Doit-on alors remettre en question la politique du Canadien ?

Gallagher était-il prêt à sauter dans la mêlée ?

Sa performance nous indique que oui, puisqu’il a été l’un des meilleurs joueurs du Canadien face aux Oilers.

Et si après consultation avec les médecins il s’est dit prêt à endosser l’uniforme, le Canadien n’a fait que respecter les désirs de son joueur.

Qu’on ait annoncé hier que tous les blessés ne seront de retour qu’après la pause du match des étoiles, alors que le Canadien bénéficiera de 10 jours d’inactivité, c’est une sage décision.

Parlant de Gallagher, il a résumé la présente situation chez le Tricolore avec des propos intéressants : « Les équipes savent maintenant que nous sommes vulnérables et elles en profitent. »

C’est bien la réalité.