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Dévastée de ne pas avoir pu sauver sa grand-mère

L’aînée souffrant de paralysie n’a pas pu sortir de sa chambre lors d’un feu

FD-INCENDIE-MORTEL-LAVALTRIE
Photo Agence QMI, Maxime Deland

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Une jeune aidante naturelle a le cœur brisé d’avoir été incapable de sauver sa grand-mère de 86 ans lors d’un violent incendie qui a ravagé leur maison, jeudi, à Lavaltrie, dans Lanaudière.  

Peu après midi, Daphney Bates, 25 ans faisait une sieste avec l’une de ses filles dans la résidence qu’elle partage avec sa mère et sa grand-mère, située sur la rue Denoncourt.       

« Elle a été réveillée par l’odeur de plastique brûlé et quand elle a ouvert la porte de la chambre, la boucane lui a sauté dans la face, elle était incapable de sortir. La seule sortie possible était la fenêtre », raconte sa mère Sylvie Coulombe, jointe hier par téléphone alors qu’elle se trouvait à Las Vegas pour le travail.   

Mme Bates a donc demandé l’aide d’un voisin afin de sortir d’abord sa fillette de 2 ans par la fenêtre.       

Comme la fumée était en train d’envahir complètement la chambre, elle n’a eu d’autre choix que de sortir elle aussi à l’extérieur. « Elle savait que sa grand-mère, qui est paralysée, donc qui ne peut se déplacer seule, faisait aussi une sieste dans son lit dans l’autre chambre et elle n’a pas pu aller la sauver », raconte MmeCoulombe, en sanglots.   

  

Daphney Bates avait amené en juin dernier sa grand-mère Eleanor Anne Quinn Robillard, décédée dans l’incendie de leur maison jeudi et qui se déplaçait en fauteuil roulant, près d’un lac afin qu’elle puisse y tremper ses orteils pour la première fois en 40 ans.
Photo tirée de Facebook
Daphney Bates avait amené en juin dernier sa grand-mère Eleanor Anne Quinn Robillard, décédée dans l’incendie de leur maison jeudi et qui se déplaçait en fauteuil roulant, près d’un lac afin qu’elle puisse y tremper ses orteils pour la première fois en 40 ans.

Pas d’élément suspect  

Le corps d’Eleanor Anne Quinn Robillard, 86 ans, a été retrouvé vers 17 h parmi les décombres de la résidence familiale.      

L’autre fille de Mme Bates était à l’école lorsque la demeure a brûlé.     

Comme il s’agit d’un incendie mortel, la Sûreté du Québec a été chargée de faire la lumière sur la cause, qui demeure inconnue jusqu’à présent. A priori, aucun élément suspect n’a été décelé et il ne s’agirait que d’un tragique accident.        

Après s’être fracturé une cheville il y a un an et avoir subi un accident vasculaire cérébral (AVC) au printemps, l’aînée a vu son état de santé se dégrader nettement.      

« C’est vraiment dommage, parce qu’elle était parfaitement autonome avant », raconte Mme Coulombe.     

<b>Sylvie Coulombe</b><br />Fille de l’aînée décédée, Eleanor Anne Quinn Robillard, 86 ans.
Photo tirée de Facebook
Sylvie Coulombe
Fille de l’aînée décédée, Eleanor Anne Quinn Robillard, 86 ans.

Daphney Bates, qui détient une formation de préposée aux bénéficiaires, a décidé d’emménager avec sa mère et d’y faire venir sa grand-mère après l’AVC de cette dernière. « Depuis, elles avaient développé une relation incroyable, dit la fille de la victime, une camionneuse longue distance qui passe peu de temps à la maison en raison de son travail. Il n’y a rien que ma fille n’aurait pas fait pour sa grand-mère. Et elle s’occupait aussi de ses deux filles à travers tout cela. Elle est vraiment remarquable. »  

Rongée par la culpabilité   

Depuis la tragédie, Daphney Bates est inconsolable, selon sa mère. La culpabilité de ne pas avoir pu sauver sa grand-mère adorée des flammes la ronge.   

« Elles passaient 24 h sur 24 ensemble, explique Mme Coulombe. C’est un deuil immense qu’elle doit faire. Qu’on devra tous faire. »