/weekend
Navigation

Les réflexions de société d’Olivier Arteau

Les réflexions de société d’Olivier Arteau
Photo courtoisie, Théâtre d’Aujourd’hui

Coup d'oeil sur cet article

Après avoir pris l’affiche au Théâtre Premier Acte en janvier 2018, à Québec, c’est au tour du Théâtre d’Aujourd’hui à Montréal de présenter la création Made in Beautiful d’Olivier Arteau. À travers sa pièce, et un peu de sa folie, il dresse un portrait de la société québécoise et pose une réflexion sur les bouleversements contemporains du Québec. 

C’est toutefois un texte quelque peu modifié que verront les spectateurs dans cette nouvelle mouture. « Certains enjeux sociaux du Québec actuel et certaines préoccupations ont évolué en deux ans, comme les changements climatiques et l’avortement, ce qui m’a amené à restructurer la pièce », fait remarquer l’auteur Olivier Arteau, qui vient d’amorcer une résidence d’écriture de deux ans au Théâtre d’Aujourd’hui. 

En plus de poser un regard sur la société québécoise, la pièce dresse également un portrait de la génération Y, dont l’auteur est issu. « Nous sommes un résultat du capitalisme et de la mondialisation », souligne Olivier Arteau, qui signe également la mise en scène de Made in Beautiful. « Ainsi, le titre fait un parallèle avec le Made in China. » 

Un travail collectif 

L’auteur se questionne d’ailleurs sur l’impact de la mondialisation. « Il y a de bons côtés à la mondialisation, mais je trouve aussi que certains sont très nostalgiques par rapport à notre identité québécoise, estime l’auteur. Mais j’ai le sentiment que l’arrivée de la mondialisation et notre ouverture sur le monde nous ont permis un plus grand respect des libertés individuelles, même si cela nous a fait tourner le dos à la question nationaliste, créant une ouverture sur d’autres enjeux plus importants. » 

La distribution qui compte 11 comédiens permet un éventail d’opinions très large sur le sujet. « Je me considère comme un auteur de plateau et j’utilise les comédiens et leur bagage personnel pour écrire mes personnages, indique Olivier Arteau. Je n’écris pas la pièce en amont, je lance plutôt des improvisations sur le plateau, puis je rentre chez moi et j’écris une scène, et le lendemain, on la retravaille ensemble. » 

Beaucoup d’humour 

La pièce se situe au moment de l’Hallo-ween, occasion pour Linda (Sophie Dion) d’inviter sa famille, un rituel qu’elle s’impose depuis 25 ans, malgré diverses rivalités et des échanges qui manquent de diplomatie. « Tout tourne autour de Linda et elle représente la Québécoise moyenne, précise l’auteur. La pièce débute en 1995, à l’époque de Parizeau, quand Linda était très souverainiste. » 

C’est à travers les yeux des membres de cette famille quelque peu dysfonctionnelle, qui se transforme peu à peu au fil des ans, que l’on témoignera de l’évolution de notre société. Ce qui amènera certaines réflexions, mais aussi beaucoup d’humour et des moments hilarants. 

Olivier Arteau songe déjà à l’écriture de sa deuxième pièce dans le cadre de sa résidence d’auteur. « Dans ma prochaine pièce, j’aimerais parler de l’aspect identitaire plus personnel et plus intime », conclut-il. 

Made in Beautiful (La belle province)  

Auteur et metteur en scène : Olivier Arteau 

Distribution : Mustapha Aramis, Léa Aubin, David Bouchard, Ariel Charest, Gabriel Cloutier Tremblay, Sophie Dion, Lucie M. Constantineau, Vincent Roy, Nathalie Séguin et Réjean Vallée 

Du 14 janvier au 1er février 

Au Théâtre d’Aujourd’hui (salle Jean-Claude-Germain)