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Les réseaux sociaux nuisent-ils à votre portefeuille ?

DVP
Photo Adobe Stock

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Vous l’avez probablement vu comme moi, c’était en novembre dernier, une vidéo montrait deux adolescents filmés à leur insu qui se prenaient en égoportrait lors d’un match de hockey des Maple Leafs, à Toronto.   

Une fois la photo prise, les deux jeunes fans de l’équipe locale ont lâché leur faux sourire pour retrouver leur baboune de circonstance. Les Leafs étaient en train de se faire varloper. La vidéo s’est propagée de manière virale. Elle était si parfaite, si révélatrice de notre époque que je me suis demandé si ce n’était pas arrangé avec le gars des vues.     

C’est à peu près au même moment qu’une amie se trouvait au Maroc pour souligner ses cinquante ans. Sa page Facebook nous indiquait quelques détails de ses activités là-bas, avec des enregistrements (check-in) dans les bars et les restaurants de Marrakech, des images d’une virée dans le désert, de l’hôtel et le classique des vacances : la photo de pieds manucurés sur un arrière-plan de piscine.   

Le paradis, dites-vous...  

Elle a détesté ! Les négociations à ne plus finir pour le moindre achat, une spécialité locale, ce n’est pas son genre. Elle a trouvé les hommes bien peu subtils. Le service, ce n’était pas non plus celui du Hilton, et la bouffe, elle ne s’y est pas adaptée. Bref, elle a subi un choc culturel. Pendant que ses amis enviaient ses vacances, elle enviait ses amis d’être restés chez eux.   

J’en suis venu à cette constatation : contempler la vie des autres sur les réseaux sociaux, c’est comme regarder de mauvais comédiens par le trou d’une serrure. Ils surjouent le bonheur dans un contexte qui ne nous est jamais révélé.    

Vouloir imiter les autres  

En soi, il n’y a rien là. Ce pourrait être aussi distrayant que de suivre les « aventures » de Trudy et Math à Occupation Double, mais ce n’est pas ça qui se passe, souvent. On veut imiter nos amis, parce que ce n’est pas vrai qu’ils vont avoir plus de fun que nous.     

Untel publie une photo de sa nouvelle moto, Chose annonce son prochain périple en Asie, l’Autre claironne l’entrée de son ado dans une prestigieuse école... Il n’en faut souvent pas plus pour nous convaincre d’acheter des billets pour Punta Cana, ne serait-ce que pour arroser à son tour son réseau de ses photos de plages.   

Je veux faire remarquer ici, et c’est mon deuxième constat, que les réseaux sociaux mettent sur un autre palier le phénomène du « voisin gonflable ». Jusque là, on enviait le nouveau char du beau-frère, le spa tout neuf du voisin d’à côté ou le contenu du cellier de l’ami médecin, tous des gens dont on connaissait aussi les difficultés : les problèmes du petit à l’école, le couple qui bat de l’aile, l’avis de cotisation du fisc qui passe mal...    

Avec Facebook et autres, les références dépassent de beaucoup notre entourage immédiat, et on compare sa vie, avec sa routine, ses contraintes, ses obligations et ses problèmes, à celle des autres qui nous est présentée par un enchaînement d’exploits.    

Ça pousse à consommer   

Et encore ! Plusieurs études ont démontré que l’usage fréquent des réseaux sociaux déprime l’usager. Il ne faut pas y passer beaucoup de temps en effet pour trouver sa vie bien plate et ennuyeuse.    

C’est dans cet environnement et dans cet état d’esprit que nous sommes bombardés de publicités ciblées. Mon petit doigt me dit que nous devons être des consommateurs faciles à convaincre lorsqu’on se promène sur l’internet dans un état perpétuel d’insatisfaction.   

Alors, si les aventures de vos amis Facebook vous rendent jaloux et déprimé, voici un remède : regardez la vidéo des deux fans de hockey. En plus de faire sourire, elle vous rappellera qu’il n’y a pas que les nouvelles qui peuvent être fakes.