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Les résolutions du prince

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Généralement, j’aime bien suivre les péripéties de la famille royale britannique, bien que je sois indépendantiste et que je ne me considère pas comme le sujet de qui que ce soit. Je respecte quand même la permanence des institutions incarnées par des personnes.

Cette semaine, j’ai toutefois levé les yeux au ciel à plusieurs reprises.

Imaginez. Harry Windsor et son épouse Meghan qui décident de prendre leurs distances de la famille royale, pour gagner leur indépendance financière. Défi relatif, quand on sait que le prince pèse déjà plusieurs dizaines de millions de livres hérités de sa mère.

Se trémousser 

C’est magnifique. L’Australie brûle, la tension est à son comble entre les États-Unis et l’Iran et 176 personnes ont connu une mort effrayante le matin même dans l’écrasement de leur avion. Dans un tel contexte, la « haute peteuterie » britannique juge pertinent de nous informer de ses résolutions de la nouvelle année. Et tout le monde en raffole.

Pour peut-être s’installer au Canada, en plus ! N’en faut pas plus pour que les collectionneurs de portraits de la reine ailleurs que dans leur portefeuille se mettent à se trémousser sur leur siège en imaginant son petit-fils remettre des médailles à Rideau Hall.

Divorcé du XXIe siècle 

Qu’on aime l’idée d’un chef d’État neutre et non élu qui représente les institutions et arbitre la vie publique quand besoin est, ça passe encore, à condition qu’il exerce réellement ses prérogatives. Que des gens souhaitent réellement que cette fonction serve à marquer que nous avons été et que nous sommes toujours en quelque sorte sous domination étrangère, c’est juste se montrer complètement divorcé du XXIe siècle. 

Le prince Harry veut se distancer de sa famille ? Fort bien pour lui ! Cela dit, c’est davantage le Canada qui devrait mettre fin à sa relation anachronique avec les Windsor.