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Donald Trump n'est pas un nouveau Dick Cheney

Donald Trump n'est pas un nouveau Dick Cheney
AFP

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Ce matin, je n’ai pu résister au titre de l’article du journaliste et écrivain James Mann dans le New York Times.  

Les récentes frappes contre des généraux iraniens en Irak ont poussé quelques analystes à effectuer des comparaisons entre les deux plus récentes administrations républicaines, celles de Donald Trump et de George W. Bush.    

James Mann publiera très bientôt un livre sur deux des anciens de l’administration de W. Bush, dont les visions divergentes ont influencé le développement de la politique étrangère du 43e président. Colin Powell a incarné pendant un temps une approche plus globaliste, internationale (recherche et maintien des alliances), plus près de la position des démocrates, alors que Dick Cheney penche résolument du côté des néoconservateurs.    

Les approches contraires de Powell et Cheney s’affronteront dans de nombreux dossiers, tout particulièrement dans ceux de l’Irak, d’Israël et de la Corée du Nord. Vous connaissez la suite: Powell quittera l’administration et Cheney jouira d’une grande influence sur les politiques de son supérieur. On affirmera bien souvent que c’est Cheney qui tire les ficelles dans l’ombre.    

Dick Cheney considérait que les États-Unis devaient mener une politique étrangère agressive et ne pas hésiter à recourir à la force de frappe des militaires. Frapper de manière préventive et sans attendre l’autorisation du Congrès pouvait imposer le respect. Si cette dernière phrase laisse croire que les frappes récemment ordonnées par le président s’inspirent de l’ère Cheney, il n’en est rien.    

Pour James Mann, l’approche de l’administration Trump ne se compare à aucune autre. Si Cheney est parvenu à s’imposer, il y est parvenu en affrontant Colin Powell et en convainquant le président Bush de la valeur de son argumentaire.     

Que nous soyons partisans de Powell ou de Cheney dans cette confrontation, il faut minimalement reconnaître que W. Bush pouvait alors compter sur les conseils de deux hommes très expérimentés ayant fait leurs classes dans des administrations précédentes.    

Là où le président actuel se distingue tout particulièrement, c’est qu’il ne s’entoure pas d’hommes forts dont les opinions divergent. Il est l’homme fort. Pour beaucoup de ses prédécesseurs, une solution avisée émanait souvent du choc des idées. Donald Trump, pour sa part, exige une seule chose de ses conseillers: la loyauté.    

On peut croire que le président actuel est un meneur innovant qui a brisé ses chaînes et qu’il sort des ornières de l’histoire, mais qui, au sein de sa formation politique ou de son cercle de conseillers, ose le contredire maintenant?     

Si sortir des débats traditionnels qui ont animé la politique étrangère américaine depuis la fin de la Deuxième Guerre permet une bouffée d’air frais, je ne crois pas qu’il soit sage de se passer de l’avis de gens expérimentés ou d’idéologues intéressés à tester leurs théories sur le terrain.     

Chaque administration doit compter non seulement sur une solide expertise, mais également sur des têtes fortes qui n’hésitent pas à remettre en question les orientations de leurs collègues autour de la table. C’est habituellement ainsi qu’on parvient à un certain équilibre et que l’on considère le plus d’options.    

L’administration Trump ne compte pas plus de Powell que de Cheney. Si le bilan de l’administration Bush fut controversé et que la guerre en Irak revient hanter l’actuel occupant de la Maison-Blanche, est-ce malgré tout souhaitable de s’entourer de béni-oui-oui?    

Si vous vous intéressez aux écrits de James Mann, je précise qu'il connaît bien l'administration de W. Bush et qu'il a déjà rédigé un bouquin sur l'ancien président et l'ensemble de ses conseillers.     

Vous pouvez lire l’argumentaire complet de l'article de James Mann en cliquant ici.