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Employé coincé dans un hachoir à viande: le procès des ex-propriétaires d'une boucherie de Lévis débute

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Le jour où un jeune travailleur de 18 ans s’est coincé le bras et la tête dans un hachoir de la Boucherie Huot de Saint-Nicolas en novembre 2016, le système de sécurité de l’appareil ne fonctionnait tout simplement pas.

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C’est ce qu’il a été possible d’apprendre au premier jour du procès de l’ancien propriétaire de la boucherie, Bernard Huot, et de son fils Carl, tous deux accusés de négligence criminelle ayant causé des lésions corporelles à Olivier Bouchard. 

Bernard Huot (à droite), ancien propriétaire de la Boucherie Huot, et son fils Carl font face à la justice pour négligence criminelle ayant causé des lésions corporelles à Olivier Bouchard.
Photo Jean-François Desgagnés
Bernard Huot (à droite), ancien propriétaire de la Boucherie Huot, et son fils Carl font face à la justice pour négligence criminelle ayant causé des lésions corporelles à Olivier Bouchard.

Le hachoir dans lequel la victime s’est retrouvée coincée.
Photo courtoisie SIJ SPVL
Le hachoir dans lequel la victime s’est retrouvée coincée.

D’entrée de jeu, le procureur aux poursuites criminelles, Me Marc Gosselin, a présenté à la juge Annie Trudel la vidéo de surveillance qui pointait sur le hachoir industriel.

Pendant quelques minutes, sur des images en noir et blanc, on voit les employés s’affairer à leur tâche. 

Département « des hachés »

Le jeune Bouchard monte ensuite sur un escabeau et tombe littéralement la tête la première dans l’appareil qui sert à broyer la viande et qui est muni d’une vis sans fin.

Photo courtoisie SIJ SPVL

Pendant qu’on voit ses jambes battre l’air, les autres employés affolés tentent de lui porter secours.

« Ça criait : quelqu’un est pris dans le hachoir, et là, j’ai vu ses jambes. J’ai voulu le démancher, mais, je ne pouvais pas parce que son bras était pris dans l’hélice », a raconté Oscar Masso Condo, un immigrant débarqué au pays en octobre 2014 et qui avait été engagé un mois plus tard pour travailler au département « des hachés », sans jamais avoir eu de formation. 

L’homme de 49 ans a expliqué à la cour qu’il était allé chercher une masse pour démancher l’hélice qui retenait la jeune victime prisonnière. 

« Quand on l’a déposé sur la table, j’étais certain qu’il était mort. Les employés paniquaient, et quand Bernard, le patron, est arrivé il nous a dit de continuer de travailler », a-t-il témoigné.

Photo courtoisie SIJ SPVL

Machineries défectueuses

Questionné à savoir si la machinerie utilisée à la boucherie était défectueuse, le Cubain d’origine a précisé qu’elles l’étaient « toutes sauf l’emballeuse ».

« La galetteuse avait un problème. On travaillait sans couvercle. La trancheuse à jambon était défectueuse, la machine à viande gelée, c’était la même chose que le hachoir », a-t-il précisé. 

Selon ce qu’il a raconté, ces deux appareils auraient dû s’arrêter lorsque le couvercle était relevé, ce qui n’était pas le cas puisque « les machines fonctionnaient sans arrêt ». 

Photo courtoisie SIJ SPVL

Un constat qui a aussi été fait par l’un des premiers policiers appelés sur les lieux du drame.

C’est d’ailleurs l’un des policiers appelés en renfort à la boucherie qui, devant l’état d’énervement des employés, a suggéré au patron de leur donner congé pour le reste de la journée. Une consigne qui n’avait pas été faite par le patron qui, quelques minutes après le drame, avait plutôt suggéré à ses employés de continuer le travail.

Santé et sécurité

Lors de cette première journée d’audience, le ministère public a également tenté de démontrer que la prévention en santé et sécurité était déficitaire dans l’entreprise de la Rive-Sud.

Photo courtoisie SIJ SPVL

« Moi, j’ai appris par moi-même. On m’a dit : ça, ça marche comme ça, le bouton vert, ça marche, le bouton rouge, ça arrête, et puis c’est tout », a ajouté M. Masso Condo.

Le procès est prévu pour deux semaines.

Des séquelles pour la victime Olivier Bouchard

  • Il avait 18 ans au moment de l’accident
  • Trouvé inconscient, il a été dans le coma 11 jours
  • Il souffre désormais d’épilepsie, de maux de tête, de vertige et d’aphasie atypique.
  • Olivier et ses parents ont déposé une poursuite au civil de 300 000 $