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Plaidoyer pour travailler en mou

Plaidoyer pour travailler en mou

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La semaine passée, quand QS s’est fait avoir par une fausse nouvelle sur la semaine de travail de quatre jours, ça m’a fait réfléchir au fond des choses. Je me suis mise à me demander si la société gagnerait vraiment à réduire, de nouveau, la semaine de travail moyenne. 

Après mûre réflexion, avant de réduire en nombre d’heures, je pense qu’on devrait collectivement s’ouvrir davantage au télétravail. En ces temps de «cocktail météo», comme ils disent, il me semble que cela devient encore plus pertinent.  

Ainsi, un employé gagnera plusieurs minutes ou heures de transport par jour, il pourra utiliser son heure de lunch pour démarrer son souper dans la mijoteuse ou encore partir une brassée de linge, pourquoi pas. Ce serait un fort outil de conciliation famille-travail: cela fait plus de temps pour passer du temps de qualité avec les enfants au retour de l’école ou de la garderie. Et pour ceux qui n’ont pas d’enfants, personne ne va se plaindre d’avoir plus de temps pour soi! 

Une journée par semaine en mou 

Imaginez si un nombre élevé de travailleurs restaient chez eux une fois par semaine (ou plus!), cela libérerait inévitablement nos transports en commun et nos routes. Et cela est une voie non négligeable pour réduire la quantité de gaz à effet de serre que nous produisons. Grève des transports? Manifestation? Ligne de métro paralysée? Tempête de neige? Tout cela deviendrait moins irritant, tout à coup. Le réparateur de lave-vaisselle doit passer cette semaine? L’employé pourrait faire concorder cela avec sa journée à la maison. 

Je mets donc au défi les employeurs du Québec, ayant un contexte de travail le permettant, d’instaurer une politique volontaire d’au moins une journée de télétravail par semaine.  

Le gouvernement pourrait d’ailleurs appuyer les employeurs qui s’ouvrent à cette pratique et même donner l’exemple en instaurant une telle politique dans ses rangs. C’est d’ailleurs ce que le Parti québécois proposait formellement lors de l’élection générale de 2018, mais malheureusement, les déboires d’une candidate avaient éclipsé cette bonne idée.  

Évidemment, il faut s’adapter pour que cela fonctionne et les employés doivent être joignables facilement. Ils doivent avoir un espace pour travailler. On doit leur fournir des outils pour accomplir les tâches à distance: Skype, GoToMeeting, Hangouts, etc. De nombreuses entreprises ont des employés répartis dans des bureaux un peu partout de toute façon, et ils réussissent à travailler ensemble sans problème.  

Aussi, cela n’est pas adapté pour tous les corps de métier, mais travaillons sur ce que l’on contrôle. Beaucoup de gens travaillent dans un bureau avec un ordinateur et un téléphone... C’est, pour eux, relativement facile à instaurer.  

Changement de culture du travail 

Il y a tellement de mythes entourant le télétravail. On a tendance à juger ceux qui s’en prévalent et à les voir comme des lâches qui se gâtent une petite journée de congé.  

Pour ceux qui ont peur que les employés ne travaillent pas vraiment, rappelez-vous qu’il est TRÈS facile d’être inefficace au bureau. C’est ce qu’on appelle le présentéisme. Nous avons tous connu des collègues qui en étaient spécialistes. Un employé efficace et travaillant le sera autant au bureau qu’à la maison... Un workaholic le sera, peu importe l’endroit, tout comme le bois mort!  

De toute façon, la tendance en management en ce moment, c’est de laisser l’employé trouver la meilleure façon d’atteindre ses objectifs, et cela implique de gérer son temps soi-même.  

En fait, plusieurs études démontrent que la performance augmente lorsqu’on travaille de la maison. On peut observer une réduction du nombre de pauses, de jours de maladie, et de démissions. Et cela vous rendra plus attrayant comme employeur, en ces temps de pénurie de main-d’œuvre.  

En fin de compte, travailler en mou, c’est super... mais peut-être pas au Salon bleu, hein!