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Trump et l’État islamique alliés contre l’Iran

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L'État islamique (EI) a salué la mort du général iranien Qassem Soleimani, son principal ennemi après les États-Unis. Dans un communiqué, Daesh attribue l’exécution du général à une intervention divine.  

Des sites djihadistes ont déclaré que les deux principaux adversaires de l'EI étaient maintenant occupés à se battre entre eux, drainant leur énergie et leurs ressources jusqu'ici utilisées contre Daesh. 

Ça va permettre à l'EI de se relever de sa quasi-extinction à la suite de l'écrasement de son califat. Daesh est toujours actif dans les zones qui chevauchent la frontière irako-syrienne, montant des embuscades et extorquant des fonds.  

La décision de Trump de tuer Soleimani a immédiatement forcé la coalition internationale dirigée par les États-Unis à suspendre ses opérations en Irak contre Daesh pour adopter une posture défensive. Les forces américaines, le Canada et les membres de l'OTAN entraînent et conseillent les forces irakiennes combattant l'EI.  

Les milices chiites pro-iraniennes ont aussi juré vengeance contre les États-Unis. Leur chef, Abu Mahdi al-Muhandis, a été pulvérisé aux côtés Soleimani par des missiles tirés par un drone américain. Ce sont les milices chiites et les forces kurdes, pas les États-Unis, qui ont mené la plupart des combats contre l'EI en s'appuyant sur le soutien logistique et aérien des forces américaines. Elles reviennent ainsi à la case départ. Elles reprennent leur lutte contre l'occupation américaine engagée après l'invasion de 2003. Ces milices font maintenant partie des forces armées irakiennes sous la désignation d’unités de mobilisation populaire. 

Avant la mort de Soleimani, les milices chiites avaient déjà recommencé à cibler les Américains. Mais l'affirmation selon laquelle Soleimani et Téhéran sont responsables de la mort de «centaines d'Américains» en Irak, répétée par tous les politiciens et médias américains, est un mensonge. Pratiquement toutes les attaques contre les forces américaines entre l'invasion de 2003 et leur retrait partiel d'Irak en 2011 provenaient de baasistes sunnites et d'autres groupes anti-iraniens. 

Pour tenter de se justifier, les États-Unis ont aussi accusé l'Iran de fournir à des insurgés irakiens une version plus meurtrière des «engins explosifs improvisés» utilisés contre les convois et les patrouilles américains. Ces engins ont tué sans doute des centaines de soldats américains et alliés. Et alors? Dans les années 80, les États-Unis ont aidé Saddam Hussein avec des renseignements et des armes, même des armes biologiques, dans sa guerre contre l'Iran qui a tué des centaines de milliers d’Iraniens. 

Il faut une effronterie indécente aux Américains pour affirmer que l'Iran n'a pas à s'ingérer dans les affaires intérieures de l'Irak: les États-Unis ont envahi et occupé le pays, et continuent d’y stationner des milliers de soldats près de dix-sept ans plus tard. D’ailleurs, le Parlement irakien vient d'adopter une motion demandant un retrait immédiat des forces américaines du pays. 

Le drame que vit actuellement le Moyen-Orient est la conséquence directe de la décision de Trump de se retirer unilatéralement de l'accord sur le nucléaire iranien en 2018. L'Iran a certes contribué aux souffrances du peuple irakien, mais c'est sans commune mesure avec les ravages infligés à ce pays par les États-Unis.