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Denise Bombardier contre Les Tatoués

Denise Bombardier
Photo Chantal Poirier

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Cette époque me décourage. Ses futilités, ses controverses insipides, l’incapacité des plus jeunes à débattre intelligemment.     

La dernière tempête dans une cartouche d’encre, c’est celle des Tatoués c. Denise Bombardier.     

  

À cause d’un paragraphe dans la chronique de samedi de Denise, des Valeureux Tatoués Offensés n’ont rien trouvé de mieux que de mettre en ligne une pétition demandant rien de moins que la disparition de la polémiste chroniqueuse. Tu oses les critiquer, ils te répondent : « Ta gueule, tasse-toi la vieille ». 50 nuances de OK Boomer.      

  

Le plus ironique dans cette histoire, c’est que les adversaires idéologiques de Denise ne sont jamais capables de lui répondre à son niveau. Je m’explique.      

Denise s’exprime dans un français impeccable, avec un vocabulaire recherché, une langue châtiée. Elle argumente, elle élabore.      

Ses adversaires lui répondent avec des borborygmes, des onomatopées, des phrases bancales, des phôtes et des maladresses, et des injures bâclées. C'est tout le contraire de la fameuse phrase de Michelle Obama, "When they go low, we go high".   

Quand Denise vole haut, les répliques de ses adversaires volent bas. (Ça me rappelle, quand Denise avait critiqué la pauvreté du français des humoristes et que Guy A. Lepage lui avait répondu en plein gala... "Qu'à mange d'la marde" ).   

Pénélope McQuade, toujours de tous les combats progressisteogauchistoinindignés, y est allé de son témoignage, une enième variation sur le même thème, pour dire en gros: "Moi aussi, moi aussi, je me suis fais tatouer, regardez-moi, comme je suis intéressante ». Ouf. Il n’aurait pas fallu qu’une caravane de la polémique passe sans que Pénélope n’y soit associée.     

Mais j’avoue que le comble de la bêtise, c’est quand même ce tatoué qui a trouvé tellement horrible le texte de Denise sur les tatoués ... qu’il s’est fait tatouer le visage de Denise. Et ces autres qui n'ont rien trouvé de mieux que de se faire tatouer un mot-clic subtil, nuancé et poétique : #tagueuledenise. Diantre que ces gens ont de l'esprit.   

Pauvre eux. Dans 40 ans (ou avant), quand leurs chairs seront flétries, quand leurs bras pendouilleront comme une vieille peau, se souviendront--ils même pourquoi ils avaient trempé leur aiguille dans l’encre du mépris ?