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Investiture démocrate: l'incertitude règne avant le débat

Investiture démocrate: l'incertitude règne avant le débat

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Le nombre de candidatures diminue, mais on ne sait toujours pas quelle tournure prendra la course démocrate.  

Alors que l’équipe de réélection de Donald Trump s’affaire depuis un moment déjà, le Parti démocrate cherche toujours qui l’affrontera pour l’élection présidentielle. Si le débat de ce soir ne permet qu’à six candidats de monter sur scène, d’autres candidats s’activent toujours, même si on ne les entendra pas sur le campus de Drake University (Des Moines, Iowa) entre 21h et 23h.  

Outre le quatuor de tête, ce dernier débat avant le vote du 3 février permettra à Tim Steyer et Amy Klobuchar de continuer sur leur lancée. Steyer grimpe lentement dans les sondages, alors que Klobuchar avait offert une très belle performance lors du plus récent débat.  

Deux affrontements potentiels retiennent mon attention et c’est Bernie Sanders qui risque d’animer les discussions. Sanders progresse très bien depuis quelques semaines, autant dans les intentions de vote que dans les contributions financières. Il lui faut absolument ébranler Joe Biden. Malgré une performance en demi-teinte depuis le début, l’ancien vice-président trône toujours au sommet des sondages nationaux.  

Bernie Sanders a récemment rompu le pacte de non-agression avec la campagne d’Elizabeth Warren. Les deux candidats progressistes ne s’étaient jamais attaqués ouvertement avant les derniers jours.  

Aussi soucieux de se démarquer d’une rivale qui lui faisait de l’ombre, Sanders y est allé d’une première salve en affirmant que la sénatrice du Massachusetts était une candidate de l’élite. Warren n’a pas hésité à répliquer, reprochant à Bernie ne pas être convaincu qu’une femme puisse l’emporter.  

Outre les affrontements Sanders-Warren et Sanders-Biden, il sera également intéressant d’observer les angles d’attaque de Pete Buttigieg. L'escalade de tensions récente entre les États-Unis et l'Iran a permis à Mayor Pete de se démarquer de ses rivaux et de faire valoir son expérience militaire.  

Autant le débat sera important, autant plusieurs autres facteurs ajoutent à l’incertitude. Certaines situations pourraient même revenir hanter le Parti démocrate le jour de l’élection. Parmi ces facteurs, on retrouve le manque de diversité des candidats qui sont toujours dans la course.  

Si, au début du processus, on retrouvait un nombre record de candidats de couleur, le débat de ce soir n’oppose que des Blancs. Quand on prétend être le parti de la diversité et des minorités, une telle situation envoie un mauvais message.  

Pourtant, ce ne sont pas les candidatures fortes qui manquaient. Parmi les noms jouissant d’un certain prestige, on retrouvait ceux de Corey Booker (il a abandonné hier), Julian Castro et Kamala Harris. Si on mentionne les deux derniers noms comme des candidatures possibles pour la vice-présidence, il n’est pas assuré que ce soit suffisant pour enthousiasmer les minorités.  

À lui seul, Michael Bloomberg constitue un facteur à ne pas négliger. Il progresse bien et avance à coups de millions. À mon avis, le milliardaire est la «wild card», le joker, de cette course. Ses adversaires peuvent bien lui reprocher d’acheter la présidence, il a maintes fois souligné qu’il n’est là que pour s’assurer que Donald Trump ne soit pas réélu.  

J’ajouterais que tant et aussi longtemps que le parti n’aura pas tranché entre les centristes et les progressistes, Bloomberg va s’accrocher. Si on se dirige vers une campagne axée sur les centristes, le milliardaire a déjà une longueur d’avance sur les Buttigieg et Klobuchar. Joe Biden ne pourra peut-être plus se permettre de cafouiller ou de trébucher.  

Je m’arrête ici mais, comme vous pouvez le constater, la course démocrate est parsemée d’embûches et bien malin est celui ou celle qui peut s’aventurer à prévoir l’évolution des choses.  

Donald Trump est féroce et son équipe, supérieure à celle de 2016. Les démocrates le savent et les stratèges piaffent d’impatience. Après l’Iowa, le mois de février sera marqué par des votes au New Hampshire, au Nevada et, surtout, en Caroline du Sud. D’autres candidats seront tombés avant mars. Qui sera toujours dans la course et qui sera en première position? Des surprises sont possibles! Bon débat de ce soir!