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« La grosse femme d’à côté » est à La Havane

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Si vous êtes en vacances quelque part à Cuba, courez vite à la Havane pour voir l’exposition « Grosses et heureuses ». Il s’agit de sept sculptures (la huitième a été abimée pendant le transport) représentant de grosses femmes, que dis-je, des femmes énormes, plus grosses que les muses du peintre Rubens, style lutteur de sumo, mais bien dans leur peau, d’où le nom de l’exposition itinérante, « Grosses et heureuses ».     

Ces femmes décomplexées, désinhibées, musiciennes, danseuses, rieuses, cheveux au vent, libres comme l’air comme celle sur une planche à roulette, qu’on retrouve dans leurs activités quotidiennes — l’une, appelée « Fleur volante », rappelle la fameuse posture de l’actrice Marilyn Monroe —, représentent la joie de vivre, faisant fi de tout complexe dû à leur taille. Foin de diète ! Elles sont tout simplement « succulentes », a dit un critique d’art cubain.     

Pour l’artiste chinois, elles représentent la joie de vivre. Il entend ainsi combattre tout préjugé et toute inhibition. Son exposition est un hymne à la vie, peu importe où l’on soit dans le monde, elle encourage ainsi l’estime de soi, ce qui peut se résumer par « être bien dans sa peau ». C’est d’ailleurs ce qu’on ressent après avoir vu les sculptures exposées non pas à l’intérieur d’un musée mais à l’air libre, à la vue de tous les passants, y compris les enfants.     

Cette exposition a voyagé dans trente-cinq villes à travers le monde (Italie, France, Espagne, Allemagne, Angleterre, Chine, États-Unis, etc.) et La Havane est la trente-sixième étape. Ces sculptures, œuvres de l’artiste chinois Xu Hong Fei, sont toutes en fibre de verre, sauf une en bronze, intitulée « le baiser », sa sculpture la plus célèbre, qui représente un véritable tour de force. J’ai vu de jeunes couples cubains, très certainement des danseurs ou des acrobates, posant devant la sculpture et tentant de reproduire ce célèbre baiser. Cette œuvre, située entre l’hôtel Inglaterra et le Gran Teatro Alicia Alonso, à l’entrée du fameux boulevard piétonnier San Rafael, demeurera en permanence à cet endroit. Les autres, qui étaient dispersées à travers la Vieille Havane, sont maintenant regroupées dans un parc, à l’entrée du quartier chinois, jusqu’à la fin janvier. C’est votre dernière chance de voir cette exposition des plus insolite, à moins qu’elle ne se pose un jour à Montréal.   

Et puis, après l’exposition, vous éprouverez certainement une petite fringale. Alors, laissez-vous tenter par les restaurants avec terrasses du « barrio chino » (quartier chinois), qui s’est refait une véritable beauté pour le 500e anniversaire de la fondation de La Havane, comme en font foi mes photos.