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Pas de complexe pour Marc-Antoine Dequoy

Le demi défensif des Carabins n’a pas peur d’affronter des Américains au East-West Shrine Bowl

Marc-Antoine Dequoy
Photo courtoisie, Aliyah Smith East-West Shrine Bowl Marc-Antoine Dequoy veut démontrer que les Québécois ont leur place dans la NFL.

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Marc-Antoine Dequoy ne souffre d’aucun complexe d’infériorité à l’idée de se frotter à des Américains qui évoluent dans la NCAA.

« C’est une expérience exceptionnelle d’affronter des Américains et je veux en profiter au maximum, mais je ne suis vraiment pas intimidé, déclare d’entrée de jeu le demi défensif des Carabins de l’Université de Montréal, qui devient le deuxième Bleu dans l’histoire à prendre part au East-West Shrine Bowl, qui regroupe des joueurs de la NCAA susceptibles de sortir à compter de la 3e ou 4e ronde au prochain repêchage de la NFL. Ce sont des humains comme nous qui respirent le même air. Je sais ce que je suis capable de faire. »

Au même titre que les quarts-arrières canadiens dans la LCF qui sont laissés de côté au profit des Américains qui ont évolué dans la NCAA, Dequoy doit composer avec une réalité qui fait qu’il ne part pas avec une longueur d’avance. 

Un athlète avant tout

En plus d’être canadien, Dequoy est blanc et évolue à une position où les joueurs de couleur volent la vedette. « Je veux faire oublier aux recruteurs que je suis canadien et que je suis blanc, résume-t-il. Je veux leur montrer que je suis avant tout un athlète. Il y a peu de Blancs à ma position et c’est un défi de plus, tout comme d’être de nationalité canadienne et d’avoir joué au Canada. Dans la NFL, on retrouve deux partants comme maraudeur parmi les 32 équipes qui sont blancs. Ça fait partie du métier et je compose avec cette réalité. La position de maraudeur est celle que je vise en raison de ma grandeur, ma vitesse, ma capacité à couvrir du terrain et mes lectures du jeu. »

Dequoy mise sur des atouts pour attirer l’attention des recruteurs. « Je suis grand, je veux leur montrer que j’ai la vitesse pour évoluer dans la NFL et que je suis capable de couvrir du terrain, mentionne le demi défensif de 6 pi 2 po. Je veux aussi montrer que je suis capable de jouer en défensive et sur les unités spéciales. Je veux aussi démontrer que je suis capable d’apporter les correctifs que l’on va me demander et de les mettre en œuvre. Si certains ont des doutes sur les Canadiens, je veux leur montrer qu’il y a du talent au Québec et que j’ai ma place dans la NFL. »

Un boulot

Après quatre saisons avec les Carabins, Dequoy souhaite que le football devienne son gagne-pain. « Tout ce que je souhaite, c’est de me lever tous les matins pour jouer au football, souligne-t-il. Je veux que le football devienne mon travail de tous les jours. Ça serait incroyable. »

Dans l’optique d’atteindre ces objectifs qui sont, dans l’ordre, de bien faire au East-West Shrine Bowl, de tenir son proday en mars, d’être repêché ou de signer comme agent libre, et finalement d’obtenir un poste avec une équipe de la NFL, Dequoy s’accordera une session sabbatique et se concentrera uniquement sur le football.

« Je veux mettre toutes les chances de mon côté pour percer dans la NFL, explique-t-il. L’opportunité de percer dans la NFL n’arrive qu’une fois dans une vie et je vais me consacrer entièrement au football. Après, il sera toujours temps de retourner à l’école et compléter mon diplôme. »

Une blessure rapidement oubliée

Le demi défensif des Carabins a été élu joueur défensif par excellence sur la scène québécoise en 2018.
Photo courtoisie, James Hajjar
Le demi défensif des Carabins a été élu joueur défensif par excellence sur la scène québécoise en 2018.

Marc-Antoine Dequoy assure qu’il n’a jamais craint de devoir décliner l’invitation de participer au East-West Shrine Bowl en raison de la blessure subie lors de la première série de la Coupe Vanier, le 23 novembre, au PEPS.

« Il n’y avait aucun doute que j’allais participer au match, a affirmé le demi défensif étoile des Carabins de l’Université de Montréal, qui a subi une fracture à un bras lorsqu’un joueur des Dinos de Calgary l’a plaqué dans une défaite de 27-13. Je n’ai jamais pensé que ma participation était en péril. J’allais participer au East-West Shrine Bowl, peu importe les conditions. »

Réhabilitation

« Ce fut un plaqué anodin qui a mené à ma blessure, de poursuivre le joueur défensif par excellence sur la scène québécoise en 2018. Je savais que la Coupe Vanier était terminée, mais je savais que je serais correct pour le match d’étoiles. »

Quelques jours après la défaite face aux Dinos, Dequoy est passé sous le bistouri. « J’ai été opéré deux jours après la Coupe Vanier et j’ai rapidement débuté ma période de réhabilitation, qui s’est bien déroulée. Je n’ai pas déprimé parce que j’ai raté la Coupe Vanier. Certains auraient pu se renfermer et pleurer sur leur sort, mais je ne suis pas ce genre de personne. »

« Avec les radiographies et l’opération qui ont suivi rapidement et la réhabilitation qui a débuté vite, je n’ai pas eu le temps d’y penser. De toute façon, les blessures font partie de la réalité du sport et ce n’est pas un aspect que je peux contrôler. Cette blessure m’a incité à travailler encore plus fort. »

Au terme de la rencontre, certains coéquipiers interrogés ont salué l’attitude de Dequoy après qu’il soit tombé au combat. Il n’a jamais cessé d’encourager ses potes sur les lignes de côté. « Il y a des honneurs individuels qui sont décernés, mais le football est un sport d’équipe et je devais être présent pour les gars. Avant le match, j’avais dit aux gars que nous avions 60 minutes pour y croire. Après ces 60 minutes, nous aurions tout le temps voulu pour avoir des regrets ou nous poser des questions. »

Tourner la page

L’absence de Dequoy a eu une incidence importante pour les Bleus. Pendant toute la semaine, on anticipait le duel entre Dequoy et le demi inséré étoile des Dinos Jalen Philpot. Ce dernier a terminé la rencontre avec quatre réceptions pour 116 verges et un touché. Les Dinos n’ont pas tardé à tenter de profiter de l’absence de Dequoy.

« J’étais super excité par ce duel et j’avais fait du vidéo toute la semaine pour bien me préparer contre Philpot. C’est dommage que nous ayons perdu, mais j’ai tourné la page rapidement. J’avais le East-West Bowl en tête. Si je n’avais pas eu ce match en Floride en tête et que j’avais terminé ma carrière par une fracture, ma réaction aurait été différente. J’aurais pu être plus triste et plus déprimé, mais j’avais la chance de continuer. »

Un peu plus de masse musculaire

C’est plus lourd de 20 livres que Marc-Antoine Dequoy a sauté sur le terrain, lundi, pour prendre part à son premier entraînement du East-West Shrine Bowl disputé à St. Petersburg. Le séjour d’une dizaine de jours à Knoxville où il s’est entraîné sous la houlette du préparateur physique Charles Petrone a été profitable. Débarqué au Tennessee à 188 livres, le demi défensif étoile des Carabins de l’Université de Montréal fait maintenant osciller la balance à 208 livres.

« Marc-Antoine n’a rien perdu de sa vitesse, a assuré son agent Sasha Ghavami, présent en Floride. À l’entraînement, il était parmi les plus rapides à sa position de maraudeur. C’était important qu’il garde sa vitesse tout en atteignant le poids souhaité par les équipes de la NFL. À 188 livres, il était trop léger. Marc-Antoine devait prendre du poids pour jouer comme maraudeur et il a ajouté de la masse musculaire. On visait un poids avoisinant les 210 livres, et il a réussi. »

« Comme c’est toujours le cas pour un Canadien à son premier entraînement au East-West Shrine Bowl, Marc-Antoine s’est mouillé les pieds et les incertitudes ont disparu, d’ajouter Ghavami, qui a l’habitude du rendez-vous floridien. Il va foncer pour la suite des choses. »

Entrevues

Ghavami estime que le changement de position est une bonne chose pour Dequoy, qui évoluait comme demi défensif avec les Carabins. La position de demi de coin n’a pas été privilégiée. « Marc-Antoine possède de belles qualités athlétiques, mais il est aussi intelligent. Il est grand, long et couvre du terrain. Il possède aussi une bonne vision. Des gars de son gabarit (6 pi 2 po) et de sa vitesse, il n’y en a pas des tonnes à sa position. Les équipes à qui nous avons parlé sont intriguées et veulent en voir plus. Il doit poursuivre dans la même veine pour les prochains entraînements. »

En raison d’un manque de demis défensifs, Dequoy évolue pour l’équipe de l’Ouest, contrairement à l’habitude où les Québécois portent les couleurs de l’Est. Dequoy a été reçu en entrevue par quelques équipes depuis qu’il a débarqué en Floride, samedi, mais Ghavami préfère pour l’instant ne pas identifier les formations qui ont démontré de l’intérêt envers son poulain.