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La pénurie de main-d’œuvre fera à nouveau des siennes en 2020

Les gens d’affaires de Québec font le point sur leurs perspectives pour l’année à venir

La chroniqueuse du Journal Karine Gagnon a offert son point de vue sur plusieurs sujets, dont la question des projets majeurs en transport, lors de la conférence d’hier. On la voit avec Jean-Pierre Lessard, d’Aviseo Conseil.
Photo Jean-François Desgagnés La chroniqueuse du Journal Karine Gagnon a offert son point de vue sur plusieurs sujets, dont la question des projets majeurs en transport, lors de la conférence d’hier. On la voit avec Jean-Pierre Lessard, d’Aviseo Conseil.

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Enjeu marquant de la dernière année, la pénurie de main-d’œuvre n’est pas près de se tasser et ce sera aux entrepreneurs de s’y adapter à en croire le panel d’experts qui a présenté ses perspectives pour l’année 2020 aux gens d’affaires de Québec mercredi.  

Attractivité, rétention de personnel, immigration, choc générationnel; les enjeux liés à la main-d’œuvre ont été nombreux lors de ce traditionnel dîner de début d’année organisé par la Chambre de commerce et d’industrie de Québec.    

La rencontre annuelle « Perspectives 2020 » s’est tenue au Centre Vidéotron.
Photo Jean-François Desgagnés
La rencontre annuelle « Perspectives 2020 » s’est tenue au Centre Vidéotron.

D’ailleurs, avec un taux de chômage à 3,1%, ce n’est pas en 2020 que le problème s’estompera, selon Nathaly Riverin, présidente de Rouge Canari.    

La chroniqueuse du Journal Karine Gagnon a offert son point de vue sur plusieurs sujets, dont la question des projets majeurs en transport, lors de la conférence d’hier. On la voit avec Jean-Pierre Lessard, d’Aviseo Conseil.
Photo Jean-François Desgagnés

«Les prévisions disent que ça va s’accentuer jusqu’à 2030. Donc il faut arrêter de voir ça comme un problème, mais plutôt comme une opportunité», souligne la stratège en entrepreneuriat, citant en exemple les possibilités d’automatisation ou de nouvelles pratiques de gestion.    

La chroniqueuse du Journal Karine Gagnon a offert son point de vue sur plusieurs sujets, dont la question des projets majeurs en transport, lors de la conférence d’hier. On la voit avec Jean-Pierre Lessard, d’Aviseo Conseil.
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Les jeunes et les vieux  

Comme soulevé par la chroniqueuse du Journal Karine Gagnon, une série de mesures seront nécessaires pour permettre aux entreprises de garder la tête hors de l’eau. La facilitation du retour au travail des retraités fait partie de ces propositions qui ont suscité l’intérêt des 400 gens d’affaires réunis.    

La chroniqueuse du Journal Karine Gagnon a offert son point de vue sur plusieurs sujets, dont la question des projets majeurs en transport, lors de la conférence d’hier. On la voit avec Jean-Pierre Lessard, d’Aviseo Conseil.
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«À la Banque Nationale, nous avons entre 20% et 25% de nos retraités qui retravaillent pour nous. Ça demande de la flexibilité parce qu’ils ne veulent pas toujours revenir à 40 heures par semaine, mais 20-25%, c’est énorme», confiait Martin Lavigne, président Gestion de patrimoine à la Banque Nationale.    

La chroniqueuse du Journal Karine Gagnon a offert son point de vue sur plusieurs sujets, dont la question des projets majeurs en transport, lors de la conférence d’hier. On la voit avec Jean-Pierre Lessard, d’Aviseo Conseil.
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À l’opposé des retraités, les jeunes qui entrent sur le marché du travail représentent eux aussi un défi pour les entreprises. À un point tel que M. Lavigne pratique maintenant ce qu’il appelle «le mentorat inverse». Une fois par mois, il rencontre deux milléniaux de son entreprise qui le guident sur la bonne voie pour les rejoindre.    

«Je leur demande : "Comment vous me percevez? Comment vous trouvez notre leadership, notre communication, la façon qu’on parle?" C’est incroyable comment on croit les comprendre, mais qu’on ne les comprend pas du tout», admet l’homme d’affaires qui conseille la méthode à ses pairs.    

La chroniqueuse du Journal Karine Gagnon a offert son point de vue sur plusieurs sujets, dont la question des projets majeurs en transport, lors de la conférence d’hier. On la voit avec Jean-Pierre Lessard, d’Aviseo Conseil.
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Transport  

Sujet chaud dans la Vieille-Capitale, les dossiers du tramway et du troisième lien sont évidemment revenus sur la table. Pour les experts, le dossier du tramway pourrait particulièrement donner un coup de pouce à Québec sur plusieurs tableaux.    

«Ce que la littérature montre, c’est que la décision d’un immigrant de s’installer dans une ville, c’est l’emploi. Mais après ça, pour les conserver, les garder, il faut un réseau structurant parce qu’ils ont une culture de transport en commun», croit Jean-Pierre Lessard, associé chez Aviseo Conseil, qui mise plus sur ce projet que sur le troisième lien.    

La chroniqueuse du Journal Karine Gagnon a offert son point de vue sur plusieurs sujets, dont la question des projets majeurs en transport, lors de la conférence d’hier. On la voit avec Jean-Pierre Lessard, d’Aviseo Conseil.
Photo Jean-François Desgagnés

L’animateur Mario Dumont continue toutefois de croire que les deux grands projets peuvent cohabiter. «Toutes les villes de la dimension de Québec ont un réseau structurant de transport en commun. Par contre, toutes ces villes sont aussi ceinturées par des autoroutes. Si ce n’était pas du fleuve et de l’Île d’Orléans à traverser, on ne se poserait pas la question.»     

Mario Dumont estime que des changements aux normes fiscales encourageraient les travailleurs à en donner plus à leur employeur. À droite, Nathaly Riverin de Rouge Canari.
Photo Jean-François Desgagnés
Mario Dumont estime que des changements aux normes fiscales encourageraient les travailleurs à en donner plus à leur employeur. À droite, Nathaly Riverin de Rouge Canari.

Environnement et développement durable  

L’environnement devra aussi faire partie des priorités des entrepreneurs de Québec en 2020, croit le panel d’experts. Terme à la mode, le développement durable pourrait même devenir un levier intéressant pour des entreprises à court terme.    

«On peut penser au sans-papier, la gestion des déchets, acheter avec moins d’emballage, le covoiturage, le partage de machinerie avec d’autres entreprises, le télétravail. Il y a des économies à faire pour nous aussi», assure Nathaly Riverin.    

Ce qu’ils ont dit :    

« Les immigrants, c’est à Montréal qu’ils vont. Dans les solutions, ça en est certainement une, mais il faut être sérieux, ça ne peut pas être la seule » — Mario Dumont, animateur à LCN 

« Pour la première fois, la population de Winnipeg, une ville de taille semblable, dépasse celle de Québec et il faut être capable de comprendre ce qu’ils font de différent. C’est 25 000 immigrants à Winnipeg contre environ 4000 à Québec » — Martin Lavigne, président à la Financière Banque Nationale, gestion de patrimoine 

« Le problème actuellement, c’est que nos entrepreneurs sont complètement débordés. Ils n’ont plus le temps de s’élever, d’avoir la vision pour trouver une solution » — Nathaly Riverin, présidente de Rouge Canari 

« L’environnement et l’économie sont maintenant indissociables. Si on ne fait rien, l’existence d’une organisation peut être menacée » — Jean-Pierre Lessard, associé chez Aviseo Conseil 

« L’enjeu majeur du tramway, c’est la communication. Parce qu’une fois qu’on est dans les travaux, ce n’est pas là que tu vas faire le plein d’adhérents » — Karine Gagnon, chroniqueuse au Journal de Québec 

 

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