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L’assurance-vie doit servir à autre chose que l’épargne-retraite

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Illustration Adobe Stock

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Méfiez-vous des conseillers qui vous proposent de l’assurance-vie comme moyen d’épargner pour la retraite, personne ne s’enrichit avec ça de son vivant. Vous risquez au contraire de perdre de l’argent.

Les produits d’assurance-vie servent à couvrir quelques besoins particuliers qui n’ont rien à voir avec la retraite. Voici les principaux.

1. Pallier la perte d’un revenu en cas de décès prématuré d’un pourvoyeur.

Cela concerne surtout les parents dont les enfants ne volent pas encore de leurs propres ailes ou encore ceux dont une autre personne dépend financièrement.

Le capital-décès de la police sert à remplacer le revenu du défunt. Une simple assurance-vie temporaire (5, 10 ou 20 ans), dont le coût reste raisonnable, fait le travail. Pourquoi temporaire ? Parce que le besoin s’estompe avec le temps. Les primes sont abordables, car seuls les proches d’un petit nombre d’assurés toucheront le capital-décès. La presque totalité des besoins (plus de 95 %) en assurance-vie se concentre ici.

2. Payer l’impôt au décès quand on possède d’importants actifs non liquides.

Par exemple, un triplex qui a pris de la valeur avec le temps, donc sur lequel pèse une juteuse facture fiscale. Pourquoi seulement pour les actifs non liquides ? Parce qu’on peut facilement disposer d’un REER, un actif liquide, pour payer les impôts. Une assurance-vie permanente (ou vie entière) de base suffit. Le coût des primes pour ce produit est plus élevé puisque le contrat court jusqu’au décès de l’assuré, ce qui veut dire que l’assurance finira par payer, à moins qu’elle ne soit abandonnée.

3. Augmenter la valeur successorale de l’assuré.

On parle ici d’un besoin de riche. On lui proposera alors une assurance-vie permanente, mais dans des variantes plus complexes (universelle ou avec participation). La police joue le rôle de véhicule de placement au même titre qu’un CPG, mais dans lequel l’argent est enfermé jusqu’au décès, ce qui n’est pas un problème puisque l’assuré n’en aura jamais besoin. L’avantage de l’assurance-vie en comparaison d’autres actifs financiers repose sur une caractéristique : le capital-décès n’est pas imposable.

Les mauvais produits aux mauvaises personnes

Je ne me fais jamais des amis chez les conseillers en sécurité financière (le titre officiel des personnes autorisées à vendre de l’assurance) quand je rappelle ce fait : pour ces derniers, la vente d’assurance-vie permanente est beaucoup plus payante que la vente d’assurance-vie temporaire.

Cela explique pourquoi beaucoup de gens sont encore pris avec de l’assurance-vie entière dont ils n’ont pas besoin. Tôt ou tard, ils devront rogner dans leur qualité de vie pour payer les primes ou tout bonnement abandonner leur police, perdant du coup l’argent qu’ils y ont englouti jusqu’alors.

Dès qu’il y a la plus petite possibilité de survivre à son épargne, l’assurance-vie permanente, c’est non !