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Colisée de Québec: une démolition peut-être plus complexe que prévu

L’échéancier pour déconstruire le vieil aréna jugé trop serré par un soumissionnaire potentiel

Colisée de Québec: une démolition peut-être plus complexe que prévu
Photo JEAN-FRANÇOIS DESGAGNÉS

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 La déconstruction du Colisée Pepsi pourrait être plus complexe que prévu, ce qui risque d’avoir un impact sur les coûts du chantier, prévient un soumissionnaire potentiel qui juge irréaliste l’échéancier de décembre 2020 pour la fin des travaux. 

 La Ville de Québec a publié un premier appel d’offres, avant les Fêtes, pour les services professionnels d’ingénierie. Le dépôt des soumissions, prévu à l’origine le 13 janvier, a été repoussé au 24 janvier.  

 Comme le veut la pratique, les entreprises intéressées qui consultent les documents sur le Système électronique d’appel d’offres (SEAO) peuvent soumettre des questions pour obtenir des précisions.  

 Les questions et réponses sont publiées par la suite dans des addendas, accessibles à tous par souci d’équité.  

 Un des soumissionnaires potentiels — dont l’identité n’est pas dévoilée dans un document consulté par Le Journal — émet de sérieux doutes quant à la faisabilité du calendrier proposé par la Ville.  

 Un chantier de six mois? 

 L’appel d’offres pour les travaux doit être lancé au début du mois de juin, ce qui laisse tout au plus six mois pour terminer le chantier et remblayer le terrain d’ici le 18 décembre, date ciblée par la Ville.  

 «Il est fréquent pour un mandat de cette ampleur de prévoir une durée de douze à seize mois selon l’urgence de l’échéance. Le calendrier imposé par la Ville aura un impact important sur l’estimation du coût des travaux», note la firme d’ingénierie, sceptique en raison des vacances de la construction, des coûts liés à des quarts de travail de nuit, de la quantité de béton «très importante» à retirer puis de l’ampleur des travaux de «désamiantage».  

 Les données insuffisantes quant à la présence d’amiante inquiètent aussi. Une étude de caractérisation, produite en 2012, «n’est pas complète et détaillée en vue d’une démolition», souligne-t-on. La Ville suggère aux professionnels de compléter eux-mêmes les données disponibles lors de la réalisation des études préparatoires.  

 «L’échéancier de décembre 2020 est réaliste et tient toujours, rétorque le porte-parole de la Ville, David O’Brien. Il arrive souvent au cours d’appels d’offres que les soumissionnaires questionnent les échéanciers», relativise-t-il.  

 Une enveloppe totale de 8 M$ 

 Dans l’appel d’offres, la somme maximale que la Ville de Québec entend débourser a été établie à 7 M$. Il faut cependant ajouter 1 M$ pour les travaux préparatoires, précise M. O’Brien, pour un total de 8 M$ «comme annoncé publiquement» par le maire Régis Labeaume à l’automne.  

 La Ville a par ailleurs assoupli ses critères d’évaluation et n’exige plus que les experts aient accompli «au moins un projet de déconstruction d’un amphithéâtre», un critère visiblement trop restrictif. 

La démolition par implosion écartée

La technique de démolition spectaculaire par implosion, avec des explosifs, a été jugée plus coûteuse et inappropriée pour le Colisée, par la Ville de Québec. 

Des pelles mécaniques s’activeront pour démanteler la structure quand son contenu aura été vidé. 

 Le Colisée de Québec    

  •  Inauguré en 1949, l’édifice compte alors 10 000 places.  
  •  Des travaux d’agrandissement, achevés en 1981, permettent d’augmenter sa capacité à plus de 15 000 sièges.  
  •  Le groupe Metallica sera le dernier à s’y produire sur scène, en septembre 2015, deux jours avant d’inaugurer le nouveau Centre Vidéotron.  
  •  Le chantier de «déconstruction» doit être lancé cet été et se terminer en décembre 2020.  
  •  Aucun projet concret n’a été dévoilé pour le remplacer. Le maire Labeaume a dit vouloir un «projet signature exceptionnel» sur le site, n’excluant pas qu’il puisse s’agir d’un projet résidentiel.