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Grand Théâtre: une œuvre sur 4 étages

Le Grand Théâtre investit dans l’art numérique

Rosalie D. Gagne artiste
Photo Agence QMI, Simon Clark L’artiste Rosalie D. Gagné a mis un an et demi à concevoir ces 45 méduses qui s’animent avec la présence humaine.

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Avoir un espace intérieur de quatre étages pour créer une œuvre, c’est tout un terrain de jeu pour un artiste. Depuis mercredi, 45 immenses méduses bleutées s’animent en présence des visiteurs du Grand Théâtre, formant une œuvre cinétique et lumineuse interactive qui se déploie sur toute la hauteur du bâtiment.  

En octobre, le Grand Théâtre a inauguré dans son hall Le Studio, un espace-bar polyvalent dédié à la diffusion d’œuvres d’art numérique inédites. Son principal atout ? Son ouverture en hauteur.  

Un espace immense qui a inspiré l’artiste Rosalie D. Gagné, originaire de Québec, mais établie à Montréal, qui travaille sur cette œuvre monumentale intitulée Règne artificiel IV depuis un an et demi.  

L’œuvre peut être observée à chacun des balcons du Grand Théâtre. Lorsque des détecteurs apposés sur les gardes des balcons perçoivent une présence humaine, la méduse la plus proche se gonfle grâce à un ventilateur et transmet sa réaction à ses voisines, et tout un mouvement se met en branle. L’effet est magnifique.  

Aux côtés de Jordi Bonet 

Dans une démarche exploratoire sur la relation entre la nature et la technologie, Rosalie D. Gagné voulait créer des formes qui évoquent les créatures subaquatiques. Il s’agit de la 4e version de la série d’œuvres Règne artificiel, qu’elle a commencée il y a dix ans. 

«C’est un contexte de rêve en tant qu’artiste d’avoir à la fois les moyens de créer une œuvre d’envergure et l’espace pour le faire», a-t-elle commenté, mercredi, en marge du vernissage. 

Durant la création, Rosalie D. Gagné a pris en considération que son œuvre allait côtoyer l’imposante murale de Jordi Bonet. L’éclairage au pied de celle-ci a été changé pour le bleu, pour faire écho aux méduses.  

«Je dis à la blague que c’est ma collaboration à titre posthume avec Jordi Bonet», commente l’artiste en riant.  

Carte blanche 

Le Grand Théâtre offre le financement et donne carte blanche à des artistes indépendants pour la création d’œuvres d’art numérique temporaires. Celle-ci sera en place jusqu’au 3 mai.  

Les installations permanentes permettent, entre autres, de supporter un poids de deux tonnes et de faire des projections vidéo. 

Les expositions sont gratuites. Il n’est pas nécessaire d’avoir un billet de spectacle pour aller apprécier l’œuvre. Le Studio est ouvert les soirs de spectacle à partir de 17 h.