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Le financement des journaux du Groupe Capitales Médias n’est toujours pas assuré

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Le temps file pour les journaux du Groupe Capitales Médias (GCM), dont le financement devant garantir leur survie n’est toujours pas confirmé.  

«La coopérative n’a toujours pas le financement à long terme. Le 31 janvier, c’est la limite», a reconnu jeudi après-midi l’avocat de la Coopérative nationale de l’information indépendante (CN2i), Richard Bergeron, devant le juge Jacques J. Lévesque de la Cour d’appel, au palais de justice de Québec.  

CN2i, qui a acquis les six journaux de GCM fin décembre, conteste la demande des retraités qui souhaitent faire appel de la décision par laquelle le tribunal a autorisé le plan d’arrangement avec les créanciers pour relancer les journaux en coopératives.  

Les coopératives de 350 travailleurs qui veulent relancer les six journaux de GCM assurent pourtant avoir trouvé leur financement de 21,5 millions de dollars.  

Un financement fragile comme «un château de cartes sur du jello», a précisé l’avocat de CN2i en s'adressant au juge.  

Or certains prêteurs, comme la CSN et la FTQ, menacent toujours de ne pas investir dans la relance si la Cour d’appel accorde aux retraités du groupe de presse le droit de les poursuivre éventuellement devant les tribunaux pour mauvaise représentation.  

Les bras financiers des deux centrales syndicales, Fondaction CSN et le Fonds de solidarité FTQ, prévoient d'investir 4 millions de dollars, soit 2 millions chacun, dans la relance des journaux de GCM. 

Le Mouvement Desjardins prévoit également d'investir 2 M$.  

Selon le syndic PwC, les prévisions de l’encaisse indiquent que, sans nouvelles mises de fonds, les journaux de GCM n’auront plus de liquidités le 2 février prochain.  

«Je ne suis pas inquiet. L’entreprise est bien gérée. Notre encaisse nous permet de se rendre en février ou en mars», a toutefois assuré le directeur général de CN2i, Stéphane Lavallée.  

Investissement Québec a déjà investi 15 M$ dans l’aventure. Le bras financier du gouvernement du Québec a déjà renoncé à récupérer ses billes dans GCM.  

Demande d’appel des retraités  

En Cour d’appel, au palais de justice de Québec, des retraités de GCM demandent de contester certaines dispositions du plan de relance en coopératives.  

«Ce processus d’appel ne met pas en péril la restructuration de l’entreprise», a plaidé l’avocate des retraités, Estelle Tremblay.  

Le 23 décembre dernier, la décision de la Cour supérieure impliquait la fermeture des régimes de retraite des employés de GCM.  

Les retraités de GCM soutiennent que cette décision les empêche d’entreprendre des actions juridiques afin de récupérer les sommes perdues dans le cadre de cette restructuration.  

Avec la fermeture des régimes de retraite, plusieurs retraités de GCM encaisseront une baisse de leur rente de 25 à 30%.  

Les caisses de retraite de GCM affichaient un trou de 65 M$.  

Des retraités de quatre quotidiens de GCM, dont Le Soleil de Québec, accusent notamment la CSN et des comités de retraite de chantage et d’avoir gardé le silence sur la déroute de leur régime de retraite.  

Les publications du Groupe Capitales Médias incluent Le Soleil (Québec), La Tribune (Sherbrooke), La Voix de l'Est (Granby), Le Droit (Ottawa), Le Nouvelliste (Trois-Rivières) et Le Quotidien (Chicoutimi).  

Le juge Lévesque, de la Cour d’appel, pourrait rendre une décision au cours des prochains jours.