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La politique qui fait keching-keching

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L’argent et la politique. La combinaison choque. Trop souvent, elle est pourtant inséparable. Prenez la course à la chefferie du Parti conservateur du Canada (PCC). D’ici le 25 mars, chaque personne désirant se porter candidat devra donner au moins 200 000 $ aux caisses du parti, de même qu’un dépôt remboursable de 100 000 $.

Total par tête de candidat : 300 000 $, dont 275 000 $ devront venir de donateurs à qui il sera interdit par la loi fédérale de contribuer pour plus de 1625 $ chacun. C’est beaucoup d’argent. Selon Marc-Olivier Fortin du comité organisateur du PCC, si la barre financière est placée aussi haute, c’est « parce que durant la course de 2017, il y avait 15 candidats et les gens nous disaient que c’était trop de monde ».

Pitoyable

Ah bon ? Comme « filtre » à l’entrée, tout ce qu’on a trouvé est d’exiger plus d’argent ? Cela en dit long sur les « valeurs » profondes du parti. Le message est en effet dévastateur. Il nous dit que pour une ou un chef potentiels, la condition première à l’entrée est non pas d’avoir des idées fortes à proposer, mais la capacité de collecter de l’argent.

Bref, il suffit d’abord d’avoir déjà suffisamment de notoriété et/ou de bons réseaux de généreux donateurs pour remplir les coffres d’un parti politique. Si le passé est garant de l’avenir et qu’il se lance dans la course, Jean Charest passera sûrement ce premier « test » les yeux fermés.

À ce jeu-là, on exclut d’office toute personne ne pouvant répondre au critère mercantile. Comme si le simple fait de ne pas pouvoir collecter des fonds privés à coups de centaines de milliers de dollars faisait automatiquement d’une personne un candidat de moindre « qualité ».

Appelons ça l’art de faire de la chefferie en politique une ambition qui se monnaye dès l’entrée. Le spectacle, avouons-le, est pitoyable.