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Urgences-santé: ambulanciers blâmés pour ne pas avoir donné de l'épinéphrine à un enfant

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Des ambulanciers d'Urgences-santé ont été blâmés pour ne pas avoir injecté de l'épinéphrine à un enfant de 8 ans qui était victime d'une sévère réaction allergique. 

Yoan est allergique au blé. Il en a mangé par erreur dans une pizza en avril dernier, ce qui a déclenché une grave réaction. 

Sa mère a composé le 911 et les ambulanciers sont arrivés rapidement à leur domicile. Elle leur a dit que Yoan ne voulait pas utiliser son auto-injecteur contenant de l'épinéphrine parce qu'il avait peur de l'aiguille. Elle leur a demandé de lui en injecter, mais ils n'ont pas voulu. 

«Ce n'était comme pas sécuritaire, étant donné que Yoan n'était pas très calme. C'est pour ça que je leur ai proposé: "écoutez, je vais le tenir"», a raconté Yolaine Paul. 

Yoan a été transporté aux urgences de l'Hôpital de Montréal pour enfants où il a finalement reçu quatre doses d'épinéphrine. 

«Ses lèvres sont devenues noires. Ses genoux et ses pieds sont devenus noirs. Et il me disait: "Maman, je ne veux pas mourir! Aidez-moi!"», a ajouté Mme Paul. 

Le garçon a fait un arrêt cardiaque, a été plongé dans le coma et est demeuré deux jours aux soins intensifs. Tout cela aurait probablement pu être évité si les ambulanciers lui avaient injecté de l'épinéphrine moins de 30 minutes après la réaction allergique. 

Quelques mois plus tard, sa mère a porté plainte contre Urgences-santé auprès du Commissariat aux plaintes et à la qualité des services. 

«Les erreurs commises par l’équipe des paramédics sont le fait de ne pas avoir administré de dose d’épinéphrine (EpiPen) ou de dose additionnelle de salbutamol (ventolin), d’avoir mal assumé leur leadership auprès de l’enfant et d’avoir omis de préaviser l’hôpital de leur arrivée, retardant la prise en charge au triage», peut-on lire dans la décision. 

Chez Urgences-santé, on dit qu'on a pris tous les moyens, afin que ça ne se reproduise pas. 

«Nos paramédics ont été rencontrés par un instructeur, un spécialiste, en fait, à la qualité des soins. Par année, c'est plus de 2000 interventions qu'on fait pour des réactions allergiques. Et de ces 2000 interventions-là, il y en a 600 ou on va administrer l'épinéphrine», a précisé Benoît Garneau, chef de service chez Urgences-santé. 

Le Dr Moshe Ben-Shosha, allergologue et l’immunologue à l’Hôpital de Montréal pour enfants, croit qu’il serait pertinent de développer des programmes éducationnels pour la famille et pour le personnel ambulancier.