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Le troisième lien, un projet «incohérent» avec les tendances démographiques, selon le CRE

3e lien levis
Photo d'archives, Simon Clark

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Le vieillissement accéléré de la population et la baisse du nombre de travailleurs actifs sur la rive sud de Québec, d’ici 2041, rendent le projet de troisième lien totalement injustifiable, selon le Conseil régional de l’environnement.  

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Le CRE de la Capitale-Nationale a fait une sortie médiatique, vendredi, après avoir décortiqué les plus récents chiffres de l’Institut de la statistique du Québec (ISQ) sur l’évolution de la population. Le troisième lien Québec-Lévis, évalué à au moins 4 milliards $, est «incohérent» avec les tendances démographiques, conclut le groupe environnemental déjà bien connu pour son opposition au projet.  

Selon les projections démographiques de l’ISQ pour les deux prochaines décennies, la rive nord connaîtra une croissance totale de 80 000 habitants d’ici 2041, mais la vaste majorité de ceux-ci (près de 70 000) feront partie de la tranche d’âge des 65 ans et plus. Moins de 600 personnes gonfleront les rangs des 20-64 ans qui contribuent principalement au trafic sur les ponts aux heures de pointe.  

Sur la rive sud, l’ISQ prévoit même une baisse de près de 8000 habitants dans le groupe des 20-64 ans d’ici vingt ans, malgré une croissance globale d’environ 12 400 habitants. Encore une fois, ce sont les nombreux aînés (environ 24 000 de plus) qui gonflent les statistiques de croissance.  

Moins de bouchons dans le futur  

«Les gens vieillissent et la population active qui part à la retraite n’est pas suffisamment compensée par les naissances et l’immigration. Il y aura donc de moins en moins de travailleurs dans la grande région de Québec, surtout sur la Rive-Sud», note le CRE dans un communiqué. Les prévisions de l'ISQ laissent même présager «une atténuation des pics de circulation», observe-t-on.  

«L’enquête Origine-Destination avait démontré qu’il n’y avait pas de besoin et ces chiffres-là démontrent qu’on a encore moins besoin de ce projet-là qu’on pensait. La congestion va être de moins en moins grande, puis d’autres mesures d’atténuation pourraient pallier la situation sans qu’on ait besoin d’investir des milliards», affirme le porte-parole du CRE, Alexandre Turgeon.  

Un message au gouvernement  

«Nous, ce qu’on veut, c’est envoyer un message au gouvernement : Regardez les chiffres comme il faut parce que ce n’est pas raisonnable comme projet. Ça n’a aucun bon sens. On ne peut pas gaspiller des milliards dans une infrastructure à cet endroit-là. On n’en a pas besoin», martèle-t-il. «On le sait que la solution, ce n’est pas d’ajouter des voies de circulation, c’est d’autres mesures de mitigation pour mieux utiliser les voies qui sont là.»  

Invité à réagir à la sortie du CRE, le cabinet du ministre des Transports, François Bonnardel, n'a pas voulu émettre de commentaires.   

- Avec la collaboration de Marc-André Gagnon

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